Sauver les glaciers….une immense tâche.

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Impact sur les mers

Les glaciers ont perdu 9000 milliards de tonnes de glace depuis 1961 dans le monde. Et cette fonte s’accélère: depuis 2006, elle est responsable de plus d’un quart de la hausse du niveau des mers, selon une étude internationale chapeautée par l’ Université de Zurich.

Depuis 1961, la fonte des glaciers a fait augmenter le niveau des mers de 27 millimètres, indique l’équipe de chercheurs, dirigée par Michael Zemp, dans la revue scientifique Nature. Aujourd’hui, elle dope le niveau des mers à raison d’un millimètre par an. L’impact de la fonte des glaciers représente 25 à 30% de la hausse totale du niveau des mers.

Cette part équivaut à peu près à la contribution de la fonte des glaces du Groenland. Lapart de la fonte observée dans en Antarctique est plus faible.

Globalement, la fonte des glaces s’est fortement accentuée ces 30 dernières années. Actuellement, elle se situe à 335 milliards de tonnes de glace par an, soit le triple du volume restant des glaciers alpins, souligne Michael Zemp, cité dans un communiqué de l’Université de Zurich.

Si des mesures décisives sont prises en faveur du climat, un tiers du volume des glaciers alpins pourrait être sauvé. Si ce n’est pas le cas, les 4000 glaciers d’Europe disparaîtront presque complètement d’ici à la fin du siècle, selon une nouvelle étude.

Le volume des glaciers alpins atteignait une centaine de kilomètres cubes en 2017. D’ici 2050, la moitié aura disparu quoiqu’il arrive, selon une étude réalisée par l’EPFZ et l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), publiée dans la revue spécialisée «The Cryosphere» et présentée mardi lors de l’assemblée générale de l’Union européenne des géosciences à Vienne.

Il est encore temps d’agir

Il est encore possible d’infléchir la tendance après 2050. L’augmentation des températures due aux concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère va en effet s’accélérer dans la seconde moitié du siècle, selon les scientifiques. De plus, les glaciers réagissent relativement lentement aux changements climatiques.

Si la hausse des températures mondiales est maintenue à moins de 2 degrés Celsius d’ici à la fin du siècle par rapport à l’époque préindustrielle, comme le prévoit l’accord de Paris, 37 kilomètres cubes pourraient subsister. Soit plus d’un tiers du volume de l’année de référence 2017.

Sur la mauvaise pente

Si le réchauffement est supérieur à 2 degrés, il ne restera au mieux que de petites étendues de glace en haute altitude, représentant moins de 5% du volume actuel, selon Matthias Huss de l’EPFZ. Les concentrations actuelles de gaz à effet de serre dans l’atmosphère sont cependant légèrement plus élevées que les valeurs qu’il conviendrait de respecter.

«Les glaciers des Alpes européennes et leur évolution récente constituent l’un des indicateurs les plus clairs du changement climatique», relève le responsable de l’étude Daniel Farinotti. «Le futur de ces glaciers est certes en danger, mais il est encore possible de limiter les pertes.»

La disparition des glaciers alpins aurait des conséquences importantes sur les écosystèmes, les paysages et l’économie, souligne le communiqué accompagnant la sortie de l’étude. Ils attirent des touristes et constituent une réserve d’eau pour les humains, la faune et la flore, mais aussi pour l’agriculture et l’hydroélectricité.

Nouveaux modèles

Cette recherche fournit les estimations les plus récentes et détaillées dans ce domaine, selon ses auteurs. Pour la réaliser, ils se sont appuyés sur de nouveaux modèles informatiques sur les flux des glaces et les processus de fonte. Ils ont aussi utilisé des données issues d’observations. (ats/nxp)

Créé: 09.04.2019, 14h02

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