Rome…QUI saura étouffer les fumées QUI persistent encore EN haut , dans l’Eglise ?

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Nous devons remercier le Pape émérite Benoît XVI d’avoir eu le grand courage de prendre la parole. Sa dernière

analyse de la crise de l’Église me semble d’une importance capitale. L’effacement de Dieu en Occident est terrible. 

La force du mal nait du refus de l’amour de Dieu. +RS

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De Vatican.va

Visite du Pape François au Pape émérite Benoît XVI, juin 2018 Visite du Pape François au Pape émérite Benoît XVI, juin 2018   (Vatican Media)

Benoît XVI: revenir à Dieu pour surmonter la crise des abus

Dans un long texte publié ce 11 avril, le Pape émérite revient sur le scandale des abus dans l’Église. Une crise selon lui provoquée par un déclin progressif de la foi en Dieu.

Sergio Centofanti – Cité du Vatican

«La force du mal naît de notre refus de l’amour de Dieu. […] Apprendre à aimer Dieu est donc la voie pour la rédemption des hommes»: voilà ce qu’écrit le Pape émérite Benoît XVI dans un long texte écrit pour la revue allemande Klerusblatt et diffusé par l’Agence CNA, dans lequel il revient sur la plaie des abus sur mineurs commis par des membres du clergé.

Benoît XVI évoque en premier lieu la rencontre de février dernier sur la protection des mineurs dans l’Église, promue par le Pape François pour donner «un signal fort» et «rendre à nouveau l’Église crédible en tant que lumière des peuples et force qui aide dans la lutte contre les puissances destructrices». Il affirme vouloir apporter sa contribution à cette mission, «bien que n’ayant plus aucune responsabilité directe comme [pape] émérite», et il remercie le Pape François «pour tout ce qu’il fait pour nous montrer continuellement la lumière de Dieu, qui même aujourd’hui n’a pas décliné».

La montée du relativisme

Le texte est divisé en trois parties. Dans la première partie, Benoît XVI parle du contexte social, de la révolution sexuelle survenue dans les années 1960. C’est à cette période, écrit-il, que la pédophilie a été considérée «comme permise» et aussi «avantageuse».  À cette période aussi, on enregistre «un effondrement des vocations sacerdotales» et «l’énorme nombre des sorties de l’état clérical», en même temps qu’un «effondrement de la théologie morale catholique» qui, affirme Benoît XVI, commence à céder aux tentations relativistes. Selon une certaine théologie, observe-t-il, «il ne pouvait pas y avoir ni quoi que ce soit d’absolument bon, ni quoi que ce soit de toujours mauvais, mais seulement des appréciations relatives. Il n’y avait plus de bien, mais seulement ce qui, sur le moment et selon les circonstances, est relativement mieux».

Benoît XVI cite la Déclaration de Cologne, signée en 1989 par 15 théologiens catholiques, qui se transforme «en cri de protestation contre le magistère de l’Église» et contre Jean-Paul II. De cet évènement naît l’Encyclique Veritatis splendor, publiée en 1993, qui contient «l’affirmation qu’il y a des actions qui ne peuvent jamais devenir bonnes». «Dans de vastes secteurs de la théologie morale», ajoute-t-il, se développe la thèse selon laquelle «l’Église n’a pas ni ne peut avoir une morale propre»: une conception qui met «radicalement en question l’autorité de l’Église dans le domaine moral» et en définitive «la contraint au silence là où est justement en jeu la frontière entre vérité et mensonge».

Des réformes progressives

Dans la deuxième partie du texte, le Pape émérite parle des conséquences de ce processus sur la formation et la vie des prêtres. «Dans différents séminaires, écrit-il, se formèrent des clubs homosexuels qui agissaient plus ou moins ouvertement». «Le Saint-Siège connaissait ces problèmes, sans en être informé en détail». «L’état d’esprit conciliaire fut alors compris comme une attitude critique ou négative vis-à-vis de la tradition en vigueur jusqu’à ce moment-là, qui devait alors être substituée par un rapport nouveau, radicalement ouvert avec le monde» afin de «développer une sorte de “catholicité” nouvelle et moderne».

Benoît XVI souligne que la question de la pédophilie, selon lui, «est devenue brûlante seulement à partir de la seconde moitié des années 1980», et dans un premier temps elle est abordée de façon légère et avec lenteur, en garantissant en particulier les droits des accusés, rendant alors quasiment impossibles les condamnations. Pour cette raison, il se dit d’accord avec Jean-Paul II sur l’opportunité d’attribuer à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi les compétences pour traiter les abus sur mineurs, de manière à «pouvoir légitimement infliger la peine maximale», autrement dit le renvoi de l’état clérical, par «un véritable processus pénal». Toutefois, des retards qui «devaient être évités» ont été observés. C’est pour cela que le «Pape François a entrepris des réformes ultérieures».

Revenir à l’amour de Dieu

Dans la troisième partie du texte, Benoît XVI se demande quelles sont les réponses justes que peut apporter l’Église. «L’antidote au mal qui ces derniers temps nous menace nous et le monde entier, affirme-t-il, ne peut que consister à nous abandonner» à l’amour de Dieu. «Tel est le véritable antidote au mal», écrit-il. «Un monde sans Dieu ne peut être autre chose qu’un monde dépourvu de sens», dans lequel «les critères du bien et du mal» n’existent plus, mais seulement la loi du plus fort. «Le pouvoir devient alors le principe unique. La vérité ne compte pas, et même en réalité, elle n’existe plus». On lit aussi une forte accusation contre la société occidentale «dans laquelle Dieu est absent de la sphère publique et à laquelle il n’a plus rien à dire. Et c’est pour cela que c’est une société où l’on perd toujours plus le critère et la mesure de l’humain». Le cas de la pédophilie en est une illustration, puisque «théorisée, encore il y a peu, comme totalement juste, elle s’est diffusée toujours plus». La réponse à tout cela est d’«apprendre à nouveau à reconnaître Dieu comme le fondement de notre vie».  

Dans cette perspective de retour à Dieu, le Pape émérite parle aussi de la nécessité de rénover la foi dans l’Eucharistie, souvent rabaissée au rang de «geste cérémoniel», ce qui détruit «la grandeur du mystère» de la mort et résurrection du Christ. Il faut au contraire «comprendre à nouveau la grandeur de sa Passion, de son sacrifice. Et nous devons tout faire pour protéger de l’abus le don de la Sainte Eucharistie», explique-t-il.

Ne pas chercher à réinventer l’Église

Poursuivant sa réflexion, Benoît XVI affirme qu’«il est clair que nous n’avons pas besoin d’une autre Église inventée par nous-mêmes». «Aujourd’hui l’Église est vue en grande partie comme une sorte d’appareil politique». «La crise causée par de nombreux cas d’abus de la part de prêtres pousse à considérer d’emblée l’Église comme quelque chose de mal réussi que nous devons résolument prendre nous-mêmes en main et former d’une manière nouvelle. Mais une Église faite par nous ne peut représenter aucune espérance».  

Puis Benoît XVI mentionne l’action du diable, l’Accusateur, qui «veut démonter qu’il n’y a pas d’hommes justes», dénigrant ainsi Dieu lui-même. «Non, même aujourd’hui l’Église n’est pas seulement faite de mauvais poissons et de zizanie. L’Église de Dieu existe aussi aujourd’hui, et même aujourd’hui elle est l’instrument avec lequel Dieu nous sauve», écrit-il. «Il est très important d’opposer aux mensonges et aux demi-vérités du diable toute la vérité: oui, dans l’Église, il y a le péché et le mal. Mais aujourd’hui aussi, il y a l’Église sainte qui est indestructible». «L’Église d’aujourd’hui est comme jamais auparavant une Église de martyrs, témoignant ainsi du Dieu vivant», souligne le Pape émérite.

À la fin de son texte, il fait remarquer que «voir et trouver l’Église vivante est un devoir merveilleux qui nous renforce nous-mêmes et nous fait toujours sentir à nouveau heureux dans la foi». Benoît XVI conclut en exprimant sa gratitude envers le Pape François pour ce qu’il fait afin de montrer au monde actuel que la lumière de Dieu n’a pas disparu: «Merci, Saint-Père !».

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