Orgue: St-Saens: Sa célèbre symphonie pour Orgue, le roi des instruments

Somptueux, sauf que ce cher Camille St-Saëns a “piqué” le thème chez Liszt.

Voir plus bas, du BLog de Marcoroz ! On en entend des choses…

Philippe Boehler

 

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23 décembre 2010

En exclusivité, le secret de la symphonie n°3 “avec orgue” de Camille Saint-Saëns !

En toute modestie, je me propose de révéler ici (une fois de plus) quelque chose que vous ne lirez nulle part ailleurs. Il s’agit d’un fait que la plupart des musicologues semblent ignorer bien qu’il concerne une œuvre très connue, la troisième symphonie de Saint-Saëns, « dédiée à Franz Liszt » comme on n’a pas manqué une fois de plus de nous le préciser ce soir sur France-Musique juste avant de nous la faire entendre en direct de la Philharmonie de Berlin.

« Son écriture s’étend entre 1885 et 1886 et elle est dédiée à son ami Franz Liszt décédé le 31 juillet 1886 », nous dit Wikipedia.

Sur un autre site Internet, je lis : « L’œuvre, dédiée à la mémoire de Liszt, mort le 31 juillet 1886, est conçue pour un effectif imposant, qui présente la particularité d’inclure piano et orgue, d’où son sous-titre de Symphonie « avec orgue » (…) »

Certes, mais alors, pourquoi le sous-titre ne mentionne-t-il pas aussi le piano ?

Plus loin : « (…) le premier thème, inspiré de la mélodie grégorienne du Dies irae (…) »

C’est en effet une remarque qui a son importance. On retrouve aussi une citation du Dies irae dans la Danse macabre de Saint-Saëns, de même que dans celle de Liszt dont elle emprunte le genre.

Chez un autre commentateur, l’influence de Liszt sur Saint-Saëns est évoquée, mais de façon générale : « Sa première symphonie est écrite en 1848, puis suit une autre dès 1850 qui ne sera malheureusement pas publiée. Dès 1852, il devient l’ami de Liszt qui l’influencera et fera forte impression sur le compositeur français. »

Il est aussi précisé que la symphonie est jouée pour la première fois à Londres en 1886 « à la mémoire de Liszt ».

Bien, bien, bien…

Ailleurs encore, l’influence de Liszt est évoquée à propos précisément de la 3e symphonie :

« Saint-Saëns joua les ébauches de sa nouvelle symphonie à Liszt, sans [s]avoir qu’il dédierait l’œuvre à sa mémoire, et c’est bien le Liszt des poèmes symphoniques qui semble avoir inspiré cette œuvre à l’effectif gigantesque (…) »

Le Liszt des poèmes symphoniques ? Tiens, tiens…

Un peu plus loin, on change de registre :

« À noter, cette œuvre est utilisée dans la musique de(s) film(s) : Babe – le Cochon dans la ville (…) »

Grouik, grouik !

Sur un autre site encore :

« Alors qu’il compose sa IIIe symphonie, Saint-Saëns apprend la mort de son cher Liszt. C’est donc tout naturellement que l’œuvre sera dédiée à la mémoire de ce géant du XIXe siècle musical. »

Tout naturellement !

Et plus loin :

« Dans sa symphonie, Saint-Saëns tente d’émuler Liszt ; pas seulement celui des poèmes symphoniques, mais également celui des deux symphonies, la Dante et la Faust. »

Ah, pas seulement le Liszt des poèmes symphoniques ! Tiens donc… 

Sur un site anglophone, Paul Serotsky parle d’un usage étendu de l’idée de Liszt de « transformation thématique » et ajoute qu’on doit même pouvoir « trouver la source de tous ses thèmes dans les seuls trois petits motifs contenus dans l’introduction de l’œuvre ».

En poursuivant mes recherches, je finis par trouver, sur un autre site encore, ceci : « (…) une partition traversée par l’hommage à Liszt (…) Écrite à l’hiver 1885, la partition porte la dédicace à Franz Liszt qui meurt au moment de la composition » (…)

Enfin, un initié ?

Qui a compris où je veux en venir ?

Il y a quelques années, j’ai eu le plaisir d’assister à l’une des auditions d’orgue que Jean-Claude Duperron, musicien fabuleux, proposait au public durant l’été, sur l’instrument de la Collégiale de Semur-en-Auxois dont il est organiste titulaire. Dans son programme figurait une pièce de Franz Liszt que je ne connaissais pas.

Le secret, le voilà :

Ce jour là, en entendant cette pièce de Liszt, je me suis aperçu que Saint-Saëns avait puisé là toute la matière de sa troisième symphonie. Oui, tout le (principal) matériau thématique de cette fameuse symphonie de Saint-Saëns figure dans ce petit morceau d’orgue de Liszt, pourtant bien plus court et moins ambitieux que ses pièces d’orgue les plus jouées et enregistrées que sont le Prélude et fugue sur B.A.C.H., l’Évocation à la chapelle Sixtine et la Fantaisie sur “Ad nos ad salutarem undam”.

Ne serait-elle pas plutôt ici, la première raison de la dédicace ? Comme ça, des fois, par hasard ?

Toujours est-il que depuis ce concert mémorable, quand je lis des commentaires comme tous ceux que je viens de citer, je rigole doucement.

P.S. (fév. 2011) : il s’agissait des Variations de Liszt sur l’Ave Maria d’Arcadelt (S659).

P.S. (juin 2011) : un petit complément