Karl Lagerfeld , cet Allemand qui était la France

Karl Lagerfeld, cet Allemand qui était la France, est mort aujourd’hui

Paix à son âme…

Il aimait tellement la France, la vraie,  que son départ a dû le délivrer des images dantesques  promises au futur Francistan.

Philippe Boehler.

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Julien Michel

Quoi de plus français que la maison Chanel, fondée dans les années 1910 par Gabrielle “Coco” Chanel ? Le génial Allemand, qui en dirigea la destinée artistique à partir de 1983, sut redonner à cette antique maison tout son lustre d’antan, le lustre de la Haute couture de France.

Monsieur Lagerfeld était plus qu’un couturier de génie. Il était aussi photographe, bibliophile et bibliomane. Il pouvait lire en même temps une vingtaine de livres, et ne concevait pas la vie sans être en permanence entouré de milliers de pages de sagesse, d’aventures et de savoir.

Lagerfeld s’installe à Paris au début des années 50. Passionné de dessin, il se fait remarquer en tant qu’illustrateur de mode et devient l’assistant du couturier Pierre Balmain. Il travaillera ensuite comme styliste pour les maisons françaises Jean Patou et Chloé, avant de collaborer avec la maison italienne Fendi, dont il est depuis 1965 le directeur artistique. En 1983, Lagerfeld est nommé directeur artistique pour l’ensemble des «collections Haute couture, prêt-à-porter et accessoires» chez Chanel, maison qu’il dirigeait encore à ce jour. Il a également fondé sa propre maison, qui porte son nom, en 1984.

Et puis, il y a le Karl politique. En novembre 2017, il qualifie les migrants établis en Allemagne d’« ennemis » des Juifs. Critiquant la politique d’accueil des migrants d’Angela Merkel, il déclare : « On ne peut pas […] tuer des millions de juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après ». En mai 2018, il déclare envisager de renoncer à la nationalité allemande en raison de la politique migratoire d’Angela Merkel.

Karl Lagerfeld avait une vision désabusée de la politique :

“Je n’ai jamais voté de ma vie. Je ne voterai jamais. Je connais trop le fonctionnement de la politique. La lecture des journaux décourage aussi… Pour voter, il faut croire toutes les promesses qu’ils vous font, alors qu’ils ne les tiendront pas.”

“Le monde selon Karl”, Flammarion, 2013, p119