Le futur islamologue de Fleury-Mérogis est arrivé

Les  aventures du Maître sont en panne….

source. www.ripostelaique.com

Tariq Ramadan, celui qui proposait un moratoire sur la lapidation, celui qui trouve que l’excision est une coutume qu’il faut respecter, celui qui trouve qu’une femme fait mieux en n’allant pas à la piscine, en regardant seulement le trottoir dans la rue, en ne se parfumant pas, connaît des jours difficiles. Le malheureux est aujourd’hui sous le coup de l’accusation bien sûr sacrilège et fausse, disent ses supporters, d’être un serial-violeur. Et un malheur n’allant pas sans l’autre, ses diplômes sont contestés.

Tariq Ramadan cherchait au départ à faire une carrière dans le foot, puis un jour s’est avisé qu’il pourrait faire une carrière beaucoup plus brillante et rentable dans l’islamologie, devenue à la mode. On peut toujours espérer devenir imam reconnu et puis calife.

L’islamologie, c’est cette matière creuse qui se baptise science et théologie mais semble n’être qu’un vaste champ de recommandations purement matérielles pour les musulmans, sans aucune spiritualité, de genre « peut-on commencer la prière la bouche pleine » ou «la femme peut-elle prier avec la plante des pieds découverte », ou encore « peut-on se masturber pendant le ramadan », interrogations certainement pleines de mérite pour les musulmans rendus angoissés et frustrés par l’intrusion systématique dans leur vie, jusque dans l’intime, de cette « science » tyrannique.

Science qui paraît complètement surréaliste au commun des mortels. Surtout lorsqu’elle recommande comme remède l’urine de chameau, prétend que la terre est plate et déclare que la musique change les gens en porcs.

Tariq Ramadan a toujours entretenu le doute sur son CV. C’est une stratégie.

Dans les années 1980 il commence à s’intéresser à la religion. En 1988 on le trouve professeur de français dans un collège suisse, pendant quatre ans. Puis il part en Egypte en famille, pour que sa femme (une brave bretonne blonde qui s’est voilée) puisse s’arabiser ainsi que les quatre enfants. Puis retour en Suisse, et là on le voit prétendre au doctorat : par où est-il passé pour en arriver là, on ne le saura pas. A-t-il même eu son bac ?…

Au moment où on commence enfin à dire que Tariq Ramadan a usurpé son titre d’universitaire, il est réjouissant d’écouter Antoine Sfeir, qui nous dit que Tariq Ramadan est un imposteur, n’est pas un universitaire, qu’il est à peine un maître d’école :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=xJlcnJqoYXo

Mais comment en est-on arrivé à laisser se répandre partout l’idée totalement fausse selon laquelle Tariq Ramadan serait universitaire ?…

http://www.atlantico.fr/pepites/menaces-et-accusation-racisme-comment-tariq-ramadan-finalement-obtenu-doctorat-3330046.html

En cherchant sur internet, on trouve des faits contradictoires sur les prétendus « diplômes » de Tariq Ramadan. Il y a quelques années on disait qu’il avait étudié la philosophie et fait une thèse sur Nietzsche. Du moins c’était sur wikipedia. Mais cela n’y est plus. Curieux, n’est-ce pas ?… On avait même avancé qu’il avait fait un travail sur Nietzsche et la souffrance, ou sur l’histoire de la philosophie selon Nietzsche, on ne savait pas trop…une imprécision, voulue, règnait.

L’ennui, c’est que ceux qui ont travaillé sur Nietzsche ne sont au courant de rien, n’ont jamais vu la moindre référence d’un travail quelconque de Tariq Ramadan sur Nietzsche, que ce soit sur la souffrance ou sur l’histoire de la philosophie. Ils n’en ont jamais entendu parler, ni de la part de spécialistes de Nietzsche, ni en bibliothèque, ni dans des revues universitaires spécialisées. Les thèses et les mémoires circulent quand même assez facilement, on les trouve parfois sur internet… le fichier des thèses est accessible… Mais rien. De là à conclure qu’un tel travail n’a jamais existé que dans l’imagination fébrile de frère Tariq… il n’y a qu’un pas.

Ce qu’on sait c’est qu’il essaie dans les années 90 de soutenir une thèse d’islamologie à l’université de Genève. Hélas, son travail ne convient pas à Charles Genequand, son tuteur de thèse, spécialiste du monde arabe, doyen de l’université, qui demande à Tariq Ramadan d’effectuer des corrections, car ce n’est pas une thèse, c’est juste un texte qui fait l’apologie de Hassan el Banna son grand père. Mais Tariq Ramadan refuse toute correction.

Une thèse doit être un travail critique, créatif et novateur. Ce que le texte de Tariq Ramadan n’était évidemment pas puisqu’il était tout à la gloire de son grand père, le présentant comme un Gandhi musulman et passant sous silence quelques vérités contrariantes, par exemple sur son antisémitisme. Charles Genequand a fini par démissionner pour ne pas avoir à soutenir une telle imposture. Trois des professeurs de Ramadan ont démissionné.

Le second, Ali Merad, est professeur émérite à l’Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III et auteur de trois Que sais-je ? sur l’islam. C’est dire s’il connaît la question. Tariq Ramadan est allé jusqu’à le menacer d’une plainte « universitaire » s’il n’obtenait pas son doctorat. « J’ai été directeur de thèse pendant près de quarante ans en France, en Belgique, en Suisse, et je n’ai jamais vu cela. » dit Ali Merad.

Mais voilà que Tariq Ramadan en bon musulman s’est, après le refus de Charles Genequand, aussitôt drapé dans l’habit des victimes de racisme et a crié au scandale ! Alors, l’université de Genève pour avoir la paix aurait cédé et réuni un second jury, tout acquis à Tariq Ramadan. D’autres sources disent que Frère Tariq aurait trouvé des oreilles complaisantes dans une université française. Bref, le flou artistique a été entretenu encore une fois.

Tariq Ramadan mode d’emploi : faites croire que vous êtes brillant, il en restera toujours quelque chose, glissez de temps en temps une allusion à vos exploits supposés, vos diplômes inventés, et vos fans feront le reste. Alors que les vrais diplômés restent modestes et se taisent. On raconte l’histoire d’un agrégé de grammaire qui, autrefois sollicité pour une signature lors d’un incident, a fait une croix comme on lui en suggérait la possibilité.

Tariq Ramadan a donc pu prétendre au titre de docteur en islamologie (et j’insiste, pas en philosophie comme certains aimeraient bien le croire). Mais il a eu sa thèse sans mention ce qui est un mauvais résultat et empêche le candidat d’obtenir quelque poste que ce soit d’enseignement en université.

Voilà pourquoi Tariq Ramadan n’est absolument pas un universitaire. De plus en France, il faut pour enseigner en université obtenir l’agrégation, ce qui ne se fait pas avec un claquement de doigts mais est (encore) un dur labeur. Et ensuite, il faut publier régulièrement des articles dans sa matière et être reconnu par ses pairs avant de songer postuler pour le moindre poste.

Puis il faut concourir. Dans une université parisienne, récemment, un poste d’enseignement en philosophie était libre. Il y a eu 70 candidats pour une seule place. Celui qui l’a obtenue était normalien, agrégé, diplômé d’une grande université américaine, avait déjà beaucoup publié. Alors aucune chance pour maître Tariq et son fromage. Sans parler de l’habilitation à diriger des recherches, autre titre qui requiert des compétences.

Qu’importe, Tariq Ramadan, toujours imaginatif, s’est inventé des cours à l’université de Fribourg !… Car c’est vrai, il s’est mis à y faire de petits exposés d’une heure chaque semaine… sur sa propre proposition et sans rémunération (sans doute parce que cela ne valait rien).

Conscient de ce que le pot aux roses allait être découvert, Tariq Ramadan a fini par obtenir du Qatar qu’il lui crée à Oxford une chaire d’islamologie. Payée par le Qatar.

Il allait enfin pouvoir se dire universitaire, peut-être… Les Anglo-saxons aiment bien eux aussi que des articles soient publiés, des travaux exposés… cependant, comme la Suisse, l’Angleterre ne voulait pas se mettre mal avec une certaine religion, liée aux pays fournisseurs de pétrole. Tariq Ramadan a donc eu sa chaire.

Las, Oxford a poliment mis Tariq Ramadan à la porte après la première plainte pour viol. Ce pauvre Tariq Ramadan se trouverait donc SDF, s’il n’était pas hébergé depuis quelques mois par Fleury-Mérogis…  une université d’un autre genre. Que va-t-il y apprendre ou y enseigner, cela devrait être l’objet de toutes nos inquiétudes.

Sophie Durand