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Emblème jurassien, le sapin est menacé de disparition!

Les Franches-Montagnes, pays de mon enfance.

Philippe Boehler.

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Emblème jurassien, le sapin est menacé de disparition! https://www.lematin.ch/20875000

Des Franches-Montagnes sans sapin? Au Conseil national, l’élu jurassien Jean-Paul Gschwind (PDC) a tiré la sonnette d’alarme: «Les forêts jurassiennes souffrent d’un dépérissement massif et alarmant», a-t-il écrit à l’adresse du Conseil fédéral.

L’inquiétude de Jean-Paul Gschwind vaut pour le sapin blanc, victime d’agressions parasitaires. «Du jamais-vu!», s’inquiète le parlementaire, pour qui «la survie de l’espace forestier est sérieusement menacée».

Phénomène désastreux

Devant ce «phénomène désastreux» qui laisse des «images de désolation», le Conseil fédéral lui a répondu que la Confédération n’actionne des mesures urgents et extraordinaires «qu’en présence d’organismes particulièrement nuisibles» ou «lorsque la situation est considérée comme d’importance nationale».

Pour l’épicéa qui vise une reconnaissance internationale, la compétence de prendre les mesures nécessaires est laissée au canton du Jura.

Changements climatiques

«Il faut sauver l’épicéa jurassien», titrait l’autre jour «Le Quotidien Jurassien». En réponse à une question du député jurassien Thomas Stettler (UDC), le gouvernement jurassien invoque les changements climatiques et la prolifération du bostryche pour expliquer une évolution qui menace le paysage boisé des Franches-Montagnes.

«Les moyens financiers alloués à la lutte contre le bostryche en forêt protectrice seront certainement insuffisants», prévient le gouvernement jurassien, pour qui «la situation sanitaire est très préoccupante pour l’épicéa et les résineux en général».

Omniprésent et constitutif

Le diagnostic jurassien est préoccupant: «L’épicéa est fortement compromis dans les régions de basse altitude». Sur le haut plateau franc-montagnard, à mille mètres d’altitude, où l’épicéa est «omniprésent et constitutif» d’un paysage emblématique, son maintien «dépend clairement de l’évolution du climat».

Le gouvernement jurassien craint une disparition «programmée» à long terme «si l’évolution en cours n’est pas contrecarrée». La nouvelle sur l’état du sapin est une mauvaise nouvelle pour le syndicat des communes des Franches-Montagnes, favorable à un projet d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Traditions vivantes

Les particularités du district sont triples: le cheval, la ferme et le sapin, roi des pâturages boisés. Problème: si l’élevage figure déjà dans la liste des traditions vivantes du patrimoine culturel immatériel suisse, une race ne peut pas prétendre au Patrimoine mondial, dont le monde animal est exclu.

L’idée d’une inscription des Franches-Montagnes au Patrimoine mondial émane de l’ancien président de la Fédération suisse du franches-montagnes, Bernard Beuret, mué en défenseur de la biodiversité. Problème: le paysage qu’il juge «spécifique et original» le sera-t-il encore longtemps?

Instruments de musique

Son comité inclut des forestiers, mais Bernard Beuret s’y connaît en sapins: «Notre épicéa sert à fabriquer des instruments de musique, mais aussi des couvertures de façade en remplacement de la tôle», détaille-t-il en lui attribuant des vertus «extraordinaires».

Face à la menace du bostryche, Bernard Beuret désigne la mauvaise gestion forestière comme première responsable, avant le réchauffement climatique. «L’exploitation des prairies boisées n’est pas assez intensive: on prend ce dont on a besoin et on laisse le reste, ce qui le rend le sapin vulnérable aux maladies et aux parasites», assène-t-il.

Stoppée net

L’hiver dernier, Bernard Beuret a vu une coupe stoppée net, faute de débouché sur le marché. Du bois abattu et marqué, mais pas être évacué.

Pour autant, Bernard Beuret n’est pas pessimiste: «Le sapin ne va pas disparaître du jour au lendemain», estime-t-il. Il donne au résineux un répit de «quelques décennies», sans prétendre non plus que rien ne changera.

Chargée du dépôt des candidatures à l’Unesco, la Confédération ne propose que des objets acceptés sur la liste indicative suisse, révisée tous les six ans. Prochaine échéance en 2023, avec des dossiers déposés avant le 1er janvier 2020. (Le Matin)

Créé: 12.06.2019, 06h59