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A propos de Stonehenge, chez Futura-sciences

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Source: www.futura-sciences.fr

Selon une archéologue de l’université de Göteborg (Suède), les tout premiers sites mégalithiques seraient apparus dans le nord-ouest de la France. De là, la pratique se serait propagée par les mers notamment et jusqu’au célèbre Stonehenge.

Des monuments mégalithiques, il en existe sur de nombreux sites un peu partout en Europe. Mais le plus célèbre d’entre eux est sans nul doute Stonehenge (Royaume-Uni). Un lieu mythique et énigmatique. Aujourd’hui, une étude suggère que les racines de toutes ces structures remonteraient à un unique groupe de chasseurs-cueilleurs installés en Bretagne (France) il y a quelque 7.000 ans.

Une conclusion qui va à l’encontre de l’idée qui voudrait que les monuments mégalithiques tirent leur origine de cinq ou six régions différentes d’Europe. Et pour en arriver là, Bettina Schulz Paulsson, archéologue à l’université de Göteborg (Suède) a analysé des montagnes de données de datation au radiocarbone afin de reconstruire la chronologie de 2.410 sites européens.

Bettina Schulz Paulsson a parcouru l’Europe pendant une dizaine d’années afin de rassembler un maximum de données différentes sur les monuments mégalithiques et de définir leur racine. Sur cette carte, les dates estimées pour le début de l’apparition de mégalithes dans différentes régions de l’Europe avec une probabilité de 95 % (et de 68 % pour les dates entre parenthèses). © Bettina Schulz Paulsson, Université de Göteborg

Une pratique propagée par la mer

Pour plus de précision, elle a également pris en compte des tombes dites prémégalithiques et des informations sur l’architecture des sites, l’utilisation des outils et les coutumes funéraires. Résultat : les tout premiers mégalithes sont apparus dans le nord-ouest de la France – sur le site de Carnac, notamment – aux environs de 4.700 ans avant J.-C. et se seraient ensuite disséminés à partir de là.

Vers -4.300, on commence à trouver des sites sur les côtes sud de la France, autour de la Méditerranée et de la côte atlantique de la péninsule ibérique. Puis des structures mégalithiques apparaissent un peu partout autour des côtes européennes. Et Stonehenge, particulièrement, aurait donc été érigé vers 2.400 avant J.-C. sur le modèle breton. De quoi suggérer également une maîtrise de la navigation bien plus précoce qu’imaginé.

  • Les premiers monuments mégalithiques auraient été construits en Bretagne (France).
  • Puis la pratique se serait propagée sur toutes les côtes européennes par voie de mer.
Pour en savoir plus

Stonehenge a-t-il été construit par des Gallois ?

Stonehenge est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. Les ossements de plusieurs individus ensevelis dans les trous tout autour des mégalithes montrent qu’ils étaient au Pays de Galles avant leur mort. Tout près de l’endroit d’où proviennent les fameuses pierres bleues.

Article de Xavier Demeersman paru le 12/08/2018

Qui a construit Stonehenge ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Le célèbre site du comté du Wiltshire, dans le sud de l’Angleterre, est encore loin d’avoir répondu à toutes les questions des archéologues. Et plus de trois millénaires après les derniers aménagements, cet ensemble de cercles concentriques de pierres dressées continue de fasciner. Quelles étaient les véritables fonctions de Stonehenge ? S’agissait-il uniquement d’un observatoire astronomique qui pouvait prédire les éclipses… (interprétation née il y a un siècle) ? Un site religieux, vraisemblablement, mais quels rituels y étaient associés ? Les chercheurs poursuivent l’enquête.

Dernier rebondissement : une équipe européenne a découvert que les restes qui reposaient au fond des trous d’Aubrey, datant d’environ 5.000 ans, appartenaient à des individus qui n’avaient pas toujours vécu dans la région de Stonehenge. En effet, pour au moins 10 des 25 personnes analysées, elles ont passé les dernières années de leur vie dans l’ouest du Pays de Galles, à plus de 160 kilomètres de là. Surprise : les chercheurs ont pu déterminer que ces personnes ont habité tout près du site d’origine des fameuses pierres bleues présentes à Stonehenge. Ont-elles fait partie du convoi qui a acheminé ces blocs de roche que l’on ne trouve qu’en ce lieu unique des collines de Preseli et de ses alentours ? Les archéologues n’en ont pas la certitude mais ils ont tout de même été frappés par le rapprochement des dates de ces ossements avec celles de l’érection des pierres. C’est la même période : « […] bien que nous ne puissions pas prouver que ce sont les os des gens qui les ont amenés, il doit au moins y avoir une relation, a expliqué au Guardian John Pouncett, l’un des auteurs de l’étude publiée dans Nature Scientific ReportsLa plage de dates augmente la possibilité que des siècles durant, des personnes aient pu être amenées à Stonehenge pour y être enterrées avec les pierres ».

Plan général du site de Stonehenge. Les points blancs (13) marquent les 56 trous d’Aubrey et font partie de Stonehenge I dont les premiers aménagements sont datés de 3.000 ans avant Jésus-Christ. Aujourd’hui, on peut encore voir plusieurs pierres dressées autour du centre de la structure. Certaines pierres qui les composent – les pierres de Sarsen – proviennent de la plaine voisine de Salisbury, à environ 30 km. D’autres, les pierres bleues, ont été extraites dans l’ouest du Pays de Galles, à près de 200 km. © Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Le strontium a fait parler les restes des personnes enterrées à Stonehenge

Les 56 trous d’Aubrey doivent leurs noms à John Aubrey qui, le premier, mit au jour ce cercle extérieur à ceux des pierres debout (l’homme voyait en Stonehenge un lieu de culte celtique). Les ossements furent découverts au fond de ces trous quelque trois siècles plus tard, en 1920, par le colonel William Hawley lequel, après les avoir prélevés les réenterra grossièrement dans un seul et même trou. Jusqu’à récemment, ces cavités disposées à des intervalles réguliers étaient supposées avoir accueilli de grands piliers de bois, 3.000 ans avant notre ère, mais de minuscules morceaux de pierres bleues y furent retrouvés suggérant désormais qu’elles y furent disposées dans un premier temps, avant d’être déménagées vers un autre cercle (ce qui est arrivé plusieurs fois à l’intérieur de la structure). Était-ce l’œuvre de Gallois ?

C’est grâce à des analyses des isotopes de strontium que l’équipe a pu faire parler les restes de ces corps qui ont été brûlés sur un bûcher. C’est une technique inédite qui fut d’abord expérimentée par Christophe Snoeck, alors en doctorat à l’université d’Oxford, sur des os de cochons brûlés. Se décrivant comme « ingénieur chimiste amoureux d’archéologie », le jeune chercheur s’est donc concentré sur les atomes les plus lourds, ceux du strontium, les rares qui aient pu résister à des températures élevées. « La crémation détruit toute la matière organique, y compris l’ADN, mais la matière inorganique survit », a-t-il déclaré. « […] aucune altération n’a été observée », a-t-il ajouté.

Alors, qui étaient les défunts ? Des personnalités importantes ? Visiblement, elles ont passé leurs dernières années près de l’endroit où furent exploitées les pierres bleues mais en étaient-elles natives ? Combien de temps ont-elles vécu là-bas ? Pourquoi ont-elles été inhumées sur le site de Stonehenge ? Cela fait encore beaucoup de questions sans réponses. L’histoire de ce site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco et affublé de nombreuses légendes est loin d’être terminée.

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