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3e correction du Rhône: manque de clarté épinglé

AÏE.

3e correction du Rhône: manque de clarté épinglé https://www.lematin.ch/18695668

La structure de l’estimation des coûts de la troisième correction du Rhône a dû être partiellement revue. Le Contrôle fédéral des finances (CDF) a pointé dans un audit un manque de clarté dans l’évaluation de certains coûts du projet.

Selon un rapport d’expertise, les coûts de construction sont notamment surévalués d’environ 20% par rapport au prix du marché. Ce pourcentage doit être considéré comme des réserves, et présenté comme tel pour plus de transparence, estime le CDF dans son audit, mené en juin dernier et publié mercredi.

Estimation revue

Entre juin 2018 et aujourd’hui, les recommandations les plus importantes ont déjà été mises en oeuvre par les cantons de Vaud et du Valais, précise l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). La structure d’évaluation des coûts totaux a notamment été revue.

C’est selon la nouvelle structure que le financement de la deuxième étape du projet, décidée par le Conseil fédéral en décembre, a été présentée au Parlement, ajoute l’office fédéral. Les coûts totaux ont été structurés en dix points, selon les recommandations du rapport d’expertise mandaté par l’OFEV, auquel le CDF fait référence.

L’estimation des coûts totaux du projet a également été revue par les maîtres d’ouvrage. Elle considère les risques de surcoûts, les opportunités d’économies et les réserves qui en dérivent.

Coûts à clarifier

Dans son rapport, le prestataire externe mandaté par l’OFEV a limité son appréciation aux coûts de construction des aménagements hydrauliques. Ceux-ci ne représentent qu’un peu plus de la moitié des frais prévus pour le projet, soit 1,8 milliard de francs.

L’expertise ne donnait pas d’opinion précise sur l?autre moitié des coûts, car ceux-ci devaient être clarifiés. Ils n’ont pas été évalués et présentés de manière suffisamment précise, critiquait le CDF, qui y voyait une situation insatisfaisante. Il était ainsi important de revoir la structure de l’estimation des coûts totaux pour en améliorer la clarté, la transparence et la traçabilité.

Dans son audit, le CDF recommandait des analyses supplémentaires sur tous les points autres que ceux portant sur le coût de construction des aménagements hydrauliques, comme les sites pollués ou les ponts, afin qu’ils soient évalués plus précisément. L’OFEV précise que des analyses supplémentaires sont en cours.

Risques dans le coût global

L’estimation menée en 2017 faisait état d’un montant supplémentaire de 629 millions de francs de coûts potentiels, en raison de divers risques dans le projet. Le CDF estime que ceux-ci doivent être intégrés dans le coût global, ou éliminés.

Néanmoins, des clarifications sont nécessaires pour certains d’entre eux. C’est le cas notamment des risques liés aux sites pollués, dont les coûts supplémentaires potentiels sont estimés à 350 millions de francs.

Des analyses préliminaires permettraient de déterminer qui doit prendre en charge ces coûts. Elles devraient être menées par les propriétaires des terrains concernés, estime le CDF. Le financement de ces études devrait toutefois être pris en charge dans le cadre du projet de troisième correction du Rhône, afin d’éviter de potentiels retards.

Le CDF est également d’avis qu’il faut évaluer les risques et les opportunités du projet en fonction de la probabilité de survenance et d’intégrer les coûts attendus dans l’estimation globale.

Organisation pas optimale en Valais

Le CDF estime par ailleurs que l’organisation de l’Etat du Valais n’est pas optimale pour exploiter les nombreuses synergies potentielles entre les offices cantonaux gérant les projets de l’autoroute A9 et ceux de la correction du Rhône. Celles-ci permettraient notamment un usage plus économe des fonds publics.

Au niveau fédéral, l’organisation est en revanche satisfaisante, se réjouit le CDF. L’OFEV et l’Office fédéral des routes (OFROU) devraient toutefois réfléchir à harmoniser la structure des rapports d’avancement demandés au canton du Valais pour les projets de l’A9 et de la correction du Rhône, ainsi qu’intensifier leurs échanges.

Coût de 3,58 milliards

La troisième correction du Rhône a pour but principal de sécuriser le cours d’eau afin d’éviter, en cas de crues, des inondations catastrophiques sur les plans humain et économique, rappelle le CDF. Le coût total du projet avait été estimé à 3,58 milliards de francs en 2017.

Le Parlement avait déjà débloqué 169 millions de francs en 2009 pour une première étape. Ce crédit-cadre, renouvelé trois fois, arrivera à échéance cette année. Les Chambres doivent se prononcer sur un nouveau crédit d’ensemble de 1,022 milliard pour la période comprise entre 2020 et 2039, devant prendre le relais pour la deuxième étape du projet. (ats/nxp)

Créé: 13.03.2019, 23h01

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