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Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, 
vus sous la loupe d'un super senior.

VIGILANCE SUPER-SENIOR

Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, vus sous la loupe d'un super senior.

Young Leaders /Islamisation *douce* de l'Europe

com

Obtenu sur un site anglais, car tous les sites français sont verrouillés et la presse a des consignes pour ne rien diffuser..............

.Encore une fois, certains diront que ce n'est que la théorie du complot !!!!!!!!

Les fuites de Macron contiennent des propositions secrètes qui conduiraient à l'islamisation de la France et de l'Europe.

Ceux-ci sont présentés dans une présentation Powerpoint qui semble provenir de l'Institut Montaigne.

Harmoniser l'éducation entre les pays des différents pays de la Méditerranée est l'un des objectifs clés.

 

Créez un manuel d'histoire commun avec l'Italie, l'Espagne, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie (3) afin de mettre en perspective historique les contributions mutuelles et les convergences religieuses entre les deux rives de la Méditerranée. Dans le cadre 3 + 3, nous recommandons la création d'une commission d'historiens responsables de l'élaboration d'un manuel d'histoire commun.

Le but de ce travail sera: - créer une base commune de connaissances historiques objectives fondée sur la logique d'un «tirage» historique [impasse] - développer un sentiment d'appartenance à une histoire commune - réduire les fantasmes de victimisation d'un côté ainsi que la supériorité civilisationnelle de l'autre Le document recommande également l'introduction de l'enseignement de l'arabe dans les écoles françaises, y compris les cours bilingues. Cela est justifié par l'affirmation selon laquelle les musulmans sont actuellement en train d'obtenir leur «répartition arabe» des mosquées, où ils risquent d'être radicalisés.

J'ai déjà noté que l'islamisation douce est préconisée comme remède à une «islamisation difficile» et que cela représente une sorte de récompense de facto offerte à la violence par le djihad.

Le Jihad obtient des résultats. Cela conduit à une islamisation des sociétés, d'une manière ou d'une autre.

D'autres plans de mesures visant à islamiser la France incluent la facilitation de la construction des mosquées, en facilitant l'organisation de financement et la fourniture de zones musulmanes réservées dans les cimetières municipaux.

Encore une fois, cela justifie en prétendant que cela mènera à l'émergence d'un «Islam français».

Il existe également une proposition, malheureusement pas spécifiée en détail, pour financer l'islam en taxant la consommation halal. Le courrier électronique qui fait référence à cette présentation peut être vu ici: Il dit:

"L'étude PowerPoint sur l'Islam de France (provisoire et très confidentielle): préparée par l'IMA Institut et le Hakim El Karoui, qui vous a été présenté lors d'un déjeuner précédent".

Quelques faits de base sur Hakim El Karoui. Il a un père tunisien et une mère française. Les membres de la famille de son père ont participé à des gouvernements tunisiens au niveau ministériel et du premier ministre.

Il a écrit un livre intitulé Réinventer l'Occident [Reinventing the West] Il est un ancien directeur d'une banque appelée Rothschild & Cie Il a fondé une organisation appelée Young Mediterranean Leaders METTRE À JOUR:

Pour ceux qui expriment le scepticisme à ce sujet, voici plus d'informations.

L'e-mail exact s'appelle

"Fwd: Notes à date (1): REGALIEN", envoyé par quentin.lafay@gmail.com à sarah.gallitre@gmail.com et amiel.dvd@gmail.com le 31 août 2016.

Il peut Être trouvé dans l'archive quentin.lafay dans le cadre des fichiers Macron Leaks.

Voici un lien aimant si vous voulez le télécharger et avoir un client torrent installé ( lien ).

Comme l'illustre cet article de Figaro ( lien ), certaines références à ces propositions ont déjà été faites dans la presse principale, de sorte qu'il n'est pas si lointain en termes de penser à l'intelligentsia de gauche en France.

On ne savait pas si les gens de Macron étaient à bord.

Young Leaders /Islamisation *douce* de l'Europe

Présidentielle

Mais au fait, que trouve-t-on dans les Macron Leaks ?

Un extrait de l’une des boîtes mail piratées dans le cadre des Macron Leaks. PHOTO AFP

Un extrait de l’une des boîtes mail piratées dans le cadre des Macron Leaks. PHOTO AFP

Si elle n’a pas réussi à influer sur le cours de l’élection d’Emmanuel Macron, la mise en ligne de ces milliers de courriels, des documents Excel, Word, de photos personnelles pose maintenant de multiples questions.

D’où viennent-ils ?

Ce mardi, l’amiral Mike Rogers, le directeur de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) a attribué le piratage de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron à la Russie et révélé que ses services avaient informé la France avant l’annonce publique. « Nous avons vu de l’activité russe. Nous avons parlé à nos homologues français avant l’annonce publique des événements qui ont été attribués publiquement le week-end dernier, et on les a prévenus, ‘Écoutez, on observe les Russes, nous voyons qu’ils sont en train de pénétrer certaines de vos infrastructures’ » a-t-il expliqué.

Vers 19 h, vendredi 5 mai, alors que la campagne présidentielle va prendre fin, des liens vers ces documents sont mis en ligne sur le site Pastebin sous le nom « EMLEAKS ». Ce site, une sorte de bloc-notes très ouvert, permet un total anonymat. Il est souvent utilisé pour faire circuler des textes ou des liens. Les Macron Leaks vont ensuite se répandre dans la section politique du forum géant 4chan, célèbre pour sa culture libertaire et sa modération anarchique. Puis ils sont relayés sur Twitter par Jack Posobiec, un activiste américain pro-Trump et William Craddick, gérant du site de « réinformation » Disobedient Media, pro-Trump lui aussi. Vers 21 h 31, le compte Twitter de Wikileaks diffuse à son tour des liens vers ces documents, donnant une ampleur mondiale à l’affaire.

 

Vers 23 h 40, le député européen frontiste, Florian Philippot, annonce sur compte Twitter «  Les #Macronleaks apprendront-ils des choses que le journalisme d’investigation a délibérément tues ?  ». Les Macron Leaks viennent officiellement d’entrer dans la campagne.

Ce qu’il y a à l’intérieur

Les Macron Leaks devraient plutôt s’appeler les « En Marche Leaks » car seulement quelques mails proviennent directement d’Emmanuel Macron. Concrètement, il s’agit de huit archives compressées. À l’intérieur, on y trouve les courriels de :

–  Alain Tourret, député du Calvados, rallié à En Marche ! Le parlementaire a annoncé vouloir déposer une plainte, ce mardi. Au milieu des 4096 courriels rendus publics figure un mail évoquant une livraison d’amphétamines pour le député à l’Assemblée nationale «  Ce sont des faux grossiers montés de manière très complexe  », a expliqué l’élu à nos confrères de France 3 Normandie.

–  La députée de Paris Anne-Christine Lang. Le 27 janvier, cette parlementaire a officiellement rejoint Emmanuel Macron. 3095 de ses mails ont été rendus publics.

–  Le conseiller politique Pierre Person. De très nombreuses photos, documents, et notes personnelles du cofondateur du collectif Les Jeunes avec Macron forment le corpus mis en ligne.

–  Le trésorier d’En Marche !, Cédric O. C’est l’une des facettes les plus intéressantes de cette fuite. Les 8 845 courriels des deux boîtes mail de Cédric O sont essentiellement composés de factures, devis, notes… Des documents techniques, demandant une bonne connaissance du financement et du fonctionnement comptable d’un parti politique.

–  Le coordinateur des discours Quentin Lafay. Les 5 485 mails de ce jeune homme aperçu dans le documentaire « Les coulisses d’une victoire » donnent une petite idée de l’ampleur du travail du candidat Macron et de l’équipe autour de lui. Sans cesse, Quentin Lafay reçoit des notes d’experts d’En Marche ! qui interviennent sur toutes les thématiques de la campagne. Ces fiches sont transmises à Emmanuel Macron qui bachote ces dossiers et s’approprie, ou pas, les propositions. Ces messages font ressortir une grande proximité entre le candidat Macron et Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne (groupe de réflexion libéral).

 

Avec cet ensemble, l’internaute trouvera deux dossiers dont le contenu semble hautement douteux et sans rapport avec la campagne d’Emmanuel Macron : des documents sur l’entreprise Gemplus (fabricant français de cartes à puces devenu Gemalto en 2006), des rapports sur Areva… Avec ces documents se trouvent également des fichiers Excel douteux contenant des métadonnées en alphabet cyrillique ou un faux document censé prouver l’ouverture d’un compte bancaire par Emmanuel Macron aux Bahamas.

Pourquoi ça ne mène nulle part (pour l’instant)

Les amoureux d’House of Cards seront déçus par la lecture des Macron Leaks. Le ton y reste courtois, professionnel. Pas d’échanges à la Audiard, pas de billard à trois bandes, les mails de ces quelques collaborateurs d’Emmanuel Macron n’ont, à première vue, rien de scandaleux. Pour une raison simple : les hackers ont tapé au mauvais endroit. En 2017, les échanges directs ne se font plus par email, mais en passant par une messagerie instantanée. L’équipe d’En Marche a d’ailleurs massivement utilisé Telegram, une messagerie cryptée russe. Dans plusieurs mails, il est ainsi question de salons de conversation sur Telegram ou de documents disponibles sur l’application.

 

L’un des courriels où les échanges sur la messagerie cryptée Telegram sont abordés. PHOTO REPRO «
LA VOIX
»
L’un des courriels où les échanges sur la messagerie cryptée Telegram sont abordés. PHOTO REPRO « LA VOIX »

Enfin, le corpus des Macron Leaks forme un ensemble de plusieurs dizaines de milliers de messages. Il faudra encore des semaines avant de le maîtriser. Les documents les plus pointus, ceux du trésorier du mouvement, Cédric O, demandent une solide expertise comptable pour pouvoir être exploités et ils ne le seront pleinement qu’au moment où la Commission Nationale des comptes de campagne et des financements politiques rendra publics les comptes de campagne d’En Marche  !.

Young Leaders /Islamisation *douce* de l'Europe
Young Leaders /Islamisation *douce* de l'Europe
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A PROPOS DE L’AUTEUR
Hakim El Karoui / Auteur

Normalien, agrégé de géographie, Hakim El Karoui a enseigné à l’université Lyon II avant de rejoindre le cabinet du Premier ministre en 2002. Après un passage à Bercy, il rejoint, en 2006, la banque Rothschild. En 2011, il rejoint le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger où il est co-responsable de l’Afrique et du conseil au gouvernement français.

En 2016, il fonde sa propre société de conseil stratégique Volentia. Il est aussi essayiste et entrepreneur social (il a créé le club du XXIème siècle et les Young Mediterranean Leaders). 

"C’est parce que la méfiance, l’ignorance et l’hostilité croissante d’une partie de la population menacent notre cohésion nationale qu’il est indispensable que les musulmans de France mènent une bataille de la connaissance afin de lutter contre les idées reçues et contre le fondamentalisme"

 Hakim El Karoui

Pourquoi conduire un travail sur l’islam ?

Le fondamentalisme religieux se diffuse avec vigueur sur notre territoire pendant que s’exacerbent les polémiques autour de l’inscription des signes d’appartenance islamique dans l’espace public, suscitant crispations et angoisses. Ces peurs sont renforcées par une méconnaissance générale des musulmans de France, de leurs aspirations et de leurs pratiques religieuses.

Qui sont-ils ? Quels rapports entretiennent-ils avec leur religion ? Quelles sont les croyances qu’ils partagent ?

Aujourd’hui, le discours sur l’islam et l’image de l’islam sont très largement fabriqués par les tenants d'un islam rigoriste, voire autoritaire. Dans leur majorité, les musulmans de France ne se sentent pourtant pas représentés par cet islam-là.

Le portrait de cette majorité silencieuse que dresse l’Institut Montaigne est inédit. La méconnaissance dont elle est l’objet s’explique en grande partie par la difficulté à connaître précisément la sociologie de la population musulmane vivant en France. C’est pour y porter remède qu’une enquête pionnière, à la méthodologie solide et rigoureuse, a été conduite avec l’Ifop.

Face au danger terroriste porté par des individus se réclamant de l’islam, la première réaction de l’État a été et demeure sécuritaire. Si cette réponse est légitime dans ce contexte si dramatique, elle ne peut être suffisante pour préserver la cohésion sociale et la concorde nationale pour les générations à venir.

Les discours et les propositions qui émergeront dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017 ne manqueront pas d’être alimentés par les préjugés, par la peur, voire par la haine. Il s’agit non seulement de répondre par la connaissance aux défis que les événements tragiques de 2015 et de 2016 ont fait naître, mais aussi d’éclairer les débats à venir d’éléments objectifs.

L’Institut Montaigne est convaincu que construire un islam français est possible. Mais son organisation, son financement, ses liens avec l’État ainsi qu’avec les pays dits "d’origine" doivent se transformer sous peine, faute de résultat, de rendre insupportables les tensions sociales que chaque attentat approfondit

Portrait et sociologie des Français
de confession musulmane

Le profil des musulmans de France est aujourd’hui trop mal connu. Afin de pallier ce déficit, l’Institut Montaigne a conduit avec l’Ifop une enquête pionnière auprès des musulmans vivant en France, sans la restreindre aux personnes immigrées ou issues de l'immigration. Cette étude constitue une avancée essentielle dans la connaissance de leur profil social, de leurs attitudes et de leurs aspirations. L’analyse de ces données inédites a été réalisée par Antoine Jardin, docteur en science politique et ingénieur de recherche au CNRS.

Quelle méthodologie ?

Cette méthodologie a permis d'avoir une estimation solide du nombre de personnes musulmanes ou d'origine musulmane dans la population.

L'Ifop a eu recours à un très vaste échantillon national représentatif, de plus de 15 000 personnes, à l’intérieur duquel un sous-échantillon de 1 029 personnes se déclarant de confession musulmane ou ayant au moins un parent musulman a été extrait. Plus de détails.


Cette enquête étant pionnière en France, il convient d’utiliser ses résultats avec précaution et mesure. Les enseignements qu’elle indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction. L'analyse des données a été réalisée au moyen de techniques vérifiables et s'inscrit dans le respect des normes académiques les plus exigeantes à ce jour.

 

Qui sont les musulmans de France ?

Le portrait des musulmans de France tel qu’il ressort de cette enquête décrit une réalité très contrastée. La première, à rebours de beaucoup d’idées reçues, est qu’il n’y a ni "communauté musulmane", ni "communautarisme musulman" unique et organisé. Il existe des Français de culture et de confession musulmane, dont le sentiment d’appartenance à la communauté musulmane est avant tout individuel : peu d’engagement associatif au nom de l’islam ou encore la faiblesse d’un sentiment de destinée collective. 

Le mouvement de "sortie" intergénérationnelle de l'islam apparaît deux fois plus important que le mouvement de conversion à l'islam. 

Les résultats de cette enquête indiquent que les personnes qui se déclarent musulmanes représentent 5,6 % de la population métropolitaine de plus de 15 ans en métropole. Parmi notre échantillon de 1 029 personnes, 155 personnes - 15 % de cet échantillon – se déclarent non musulmanes mais ont au moins un parent musulman, soit 1 % de l’échantillon global. Ces trajectoires de "sortie" de la religion musulmane – ou de désaffiliation – sont deux fois plus importantes que les trajectoires « d'entrée », puisque 7,5 % des enquêtés se déclarent musulmans tout en indiquant qu'aucun de leurs parents n'est lui-même musulman.


Si les parents des enquêtés sont, dans la grande majorité des cas, nés à l’étranger, plus d’un répondant sur deux est né en France, 24% sont français par acquisition et 26% sont de nationalité étrangère.

Une population plus jeune que la moyenne nationale. Les musulmans de l’échantillon sont âgés, en moyenne, de 35,8 ans contre 53 ans pour les chrétiens et 43,5 ans pour les personnes sans religion par exemple.

La structure socioprofessionnelle de la population qui se définit comme musulmane dans cette enquête est marquée par une surreprésentation des milieux populaires et des populations éloignées de l’emploi. Elle compte près de 25 % d’ouvriers, contre 13,1 % dans l’échantillon global, et les 38 % d’inactifs contre moitié moins dans l’échantillon global.

 

Le profil social des musulmans en activité souligne une exposition relativement forte aux formes d'emploi précaires (CDD, intérim, temps partiel). Pour autant, on voit aussi émerger une classe moyenne et supérieure : 10 % de professions intermédiaires et 5 % de cadres et professions intellectuelles supérieures parmi les musulmans de religion ou de culture.

Deux tiers des musulmans pensent que la laïcité permet de vivre librement sa religion en France. Une majorité de musulmans en France s’inscrit dans un système de valeurs et dans une pratique religieuse qui s’insèrent sans heurts dans le corpus républicain et national (46 %).

La pratique sociale la plus répandue reste le non-port du voile. Les deux tiers des femmes de culture musulmane déclarent ne pas porter le voile. 57% déclarent ne l’avoir jamais porté et 8% déclarent l’avoir déjà porté, mais ne plus le faire aujourd’hui. 

Quatre traits partagés sont caractéristiques des musulmans de France : 

1. une pratique religieuse régulière :
31 % des enquêtés qui se déclarent musulmans se rendent une fois par semaine dans une mosquée ou une salle de prière, contre 8,2 % dans la population générale ;

2. le respect marqué de la norme alimentaire halal : 
70 % des enquêtés déclarent "toujours" acheter de la viande halal, 22 % en achètent "parfois" et seulement 6 % "jamais" ;

3. le soutien au port du voile, majoritaire malgré d’importants clivages : 
environ 65 % des musulmans – de religion ou de culture – se déclarent favorables au port du voile ;

4. l’absence d’un communautarisme musulman généralisé : 
78 % des enquêtés qui se déclarent musulmans – inscrits sur les listes électorales – disent qu’ils ne votent pas systématiquement pour un candidat musulman aux différentes élections.

> Le détail de ces données

 

Mais le portrait des musulmans de France ne se limite bien évidemment pas à ces traits communs. Ce sont davantage les différences et les divergences qui dominent. > Pourquoi ? 

L’analyse méthodique des résultats permet d’identifier trois groupes :

  • la "majorité silencieuse", groupe composé de 46 % des sondés. Leur système de valeurs est en adéquation avec la société française, qu’ils contribuent d’ailleurs à faire évoluer par leurs spécificités religieuses ;

  • les "conservateurs". Groupe plus composite, ils composent 25 % de l’échantillon et sont au cœur de la bataille politique et idéologique que les propositions de notre rapport doivent permettre de conduire et de remporter. Fiers d'être musulmans, ils revendiquent la possibilité d'exprimer leur appartenance religieuse dans l'espace public. Très pieux (la charia a une grande importance pour eux, sans passer devant la loi de la République), ils sont souvent favorables à l'expression de la religion au travail, et ont très largement adopté la norme halal comme définition de "l'être musulman". Ils rejettent très clairement le niqab et la polygamie et acceptent la laïcité ;

  • les "autoritaires" forment le dernier groupe, soit 28 % de l'ensemble. Ils sont majoritairement jeunes, peu qualifiés et peu insérés dans l'emploi. Ils vivent dans les quartiers populaires périphériques des grandes agglomérations. Ce groupe se définit davantage par l'usage qu'il fait de l'islam pour signifier sa révolte vis-à-vis du reste de la société française que par son conservatisme. 

 

 

L’Islam français aujourd’hui

L’islam en France est fragmenté et divers : il n’y a pas un islam mais des islams, nourris et diffusés par des institutions et des mouvements nationaux, des organisations transnationales ou des États étrangers. Cette multiplicité d’acteurs dans le champ musulman français, les tensions qu’ils suscitent et les rivalités qu’ils nourrissent, contribuent à la complexité de la compréhension de l’islam en France.

L’islam consulaire

Ce sont les Etats d’origine des Français de confession musulmane à qui l’État a délégué la gestion de l’islam et l’encadrement des musulmans de France. Des années 1950 à aujourd’hui, les Etats d’origine ont soutenu leurs efforts afin de maintenir leur contrôle sur les populations émigrées. On peut toutefois distinguer deux formes d’islam consulaire :

1. le modèle développé par les États émetteurs de population,
au premier rang desquels l’Algérie, le Maroc et la Turquie
> Son histoire, son développement et l’analyse pays par pays
 
2. le modèle mis en œuvre par les États non émetteurs de population,
à l’instar de l’Arabie Saoudite ou du Qatar, qui cherchent à diffuser à l’échelle mondiale une idéologie islamique
> La religion comme soft power

L’Islam consulaire participe à l’organisation du culte musulman dans sa dimension administrative, mais son pouvoir normatif et prescripif en matière religieuse s’est érodé. 

L’UOIF : un islam à la française ?

L’Union des organisations islamiques de France (UOIF) est une composante importante du paysage de l’islam français. Historiquement proche des Frères Musulmans, l’UOIF tenait un discours islamiste qui a évolué au fil du temps, notamment via l’institutionnalisation de cette organisation, plus particulièrement à l’occasion de la création du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) en 2003. Aujourd’hui l’UOIF est une fédération qui regroupe "200 associations musulmanes réparties sur tout le territoire français". L’UOIF a progressivement mis en place une double stratégie de maillage territorial, de sectorisation de ses activités et de quadrillage de la société musulmane française. Elle est ainsi l’un des principaux interlocuteurs des pouvoirs publics en matière d’organisation de l’islam en France.

> Son histoire, son organisation, son financement et son évolution

Néanmoins, le retrait de l’UOIF du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), en 2011, s’est traduit par la paralysie de cette instance. Si elle a réussi à s’imposer comme un acteur pivot de l’islam de France, sa représentativité n’est cependant plus avérée. Au regard de notre enquête, seuls 12% des musulmans interrogés se déclarent proches de cette organisation, tandis que plus de deux tiers d’entre eux affirment ne pas en connaître l’existence. 

La tentative de l’État d’organiser un islam français

L’année 1989 est une année charnière : après l’externalisation de la gestion du culte musulman aux États d’origine de 1960 à 1989, la conjonction de trois événements - la fatwa lancée par l'ayatollah Khomeiny contre Salman Rushdie, « l'affaire du voile » qui éclate à Creil et la montée de l'islamisme en Algérie qui menace le territoire français - poussent l'Etat à s'impliquer dans l'organisation de l'islam de France.

> Pierre Joxe et la création du Conseil de Réflexion sur l’Islam en France (1989-1993)

> La méthode Pasqua ou le choix algérien 

> Jean-Louis Debré ou la méthode du laisser-faire 

> Jean-Pierre Chevènement : de l’Istichâra aux prémices du CFCM 

> Nicolas Sarkozy et la naissance du CFCM

> Bilan et perspectives du CFCM aujourd’hui

> Les relations entre l’État et l’islam en Europe : une institutionnalisation à parfaire. Une convergence des modes et une hétérogénéité des méthodes 

L’implantation progressive de populations musulmanes sur le territoire français a entraîné une nationalisation de l’islam : nous sommes passés de l’islam en France à l’islam de France. Si l’émergence de l’islam français doit être poursuivie et parachevée, trois décennies de transformations en ont dessiné les contours.

L’islam français n’a néanmoins pas uniquement une dimension institutionnelle et nationale, c’est d’abord une pratique, quotidienne et locale, qui s’organise autour des mosquées et des imams. C’est l’islam des collectivités. Le développement du web et des réseaux sociaux ont aussi profondément transformé l’islam en France.

L’organisation de l’islam français nécessite de connaître les deux bouts de la chaîne : le segment institutionnel et national ainsi que le segment populaire et local.
 
L’analyse de l’évolution du paysage de l’islam français éclaire la faiblesse organisationnelle de l’islam en France et en rend d’autant plus urgente sa structuration de l’islam en France, à la fois par les musulmans de France et par la puissance publique.

Les musulmans de France, parce qu’ils présentent une grande diversité à la fois ethnique et socio-démographique, ont jusqu'ici échoué à se doter des structures nécessaires pour une gestion à la fois transparente, structurée et régulée de l’islam français.

Les fondamentalistes ont pris une avance considérable dans plusieurs domaines, notamment dans la diffusion de leur idéologie. Dès lors, le combat à mener est aussi idéologique et culturel.

Comment construire un islam français ?

 

L'islam de France doit devenir français. Il ne l'est pas aujourd'hui.

Il est confronté à un double défi : sortir enfin de la tutelle des Etats étrangers et centraliser son organisation, avec l'intérêt général des Français de confession musulmane comme principe directeur. 

Il doit être financé par de l’argent français, doit produire et diffuser de la connaissance religieuse et s’appuyer, enfin, sur des femmes et des hommes nouveaux, issus de la majorité silencieuse des musulmans de France.

Pour que l’islam français puisse se doter d’une ligne théologique compatible avec la société, il faut créer des instances capables de produire et de diffuser des idées et des valeurs françaises. 

 

Cinq mutations majeures doivent être engagées :

1. Construire un islam français, fondé sur des instances véritablement représentatives des musulmans de France : les résultats de notre enquête révèlent un déficit de notoriété et de légitimité des organisations islamiques en France. Ainsi, plus de deux tiers des enquêtés déclarent ne pas connaître le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Et, parmi les 300 répondants connaissant l’institution, seuls 28 % déclarent se sentir représentés par cette structure. Nous avons vu qu’il en était de même pour l’UOIF.
 
L’atteinte de cet objectif est conditionnée par deux impératifs.
 

o   Mettre fin à la tutelle – longtemps acceptée voire encouragée par la France –  d’États étrangers, qui ne tolèreraient en aucune manière sur leur sol ce qu’ils pratiquent en France. Mettre un terme à cette situation nécessite que les flux financiers venus de ces pays ne soient plus dirigés vers « leur » communauté, mais, de façon claire et transparente, vers une organisation reconnue dont les moyens seront utilisés dans l’intérêt de l’ensemble des musulmans de France, quelle que soit leur origine.
 
o   Faire émerger de nouveaux cadres, religieux et laïcs, nés en France, soucieux de prendre en main une communauté embryonnaire et de répondre aux très nombreux défis auxquels sont confrontés les musulmans de France. La solution pour y parvenir consiste à les aider à construire une légitimité institutionnelle en les associant à la création et à la gouvernance de la Fondation pour l’islam de France et de l’Association musulmane pour un islam de France, en projet à l’heure où nous écrivons ces lignes.

 

2. Assurer à l’islam de France des ressources financières transparentes, destinées à un usage collectif, afin de structurer une véritable organisation de l’islam, de salarier les imams et de répondre au fait social indéniable que constitue « la nouvelle fierté islamique » de nombreux musulmans de France, qui font de l’islam un objet moins religieux qu’identitaire. La solution, passe par une redevance sur le halal et des institutions reconnues, capables d’attirer et de centraliser les dons.

3. Contribuer, autant que le permet la loi de 1905, à la lutte contre le discours fondamentaliste, notamment via le financement de la formation culturelle et du travail des aumôniers dans tous les lieux fermés (écoles, prisons, armées, établissements hospitaliers, etc.) et via l’enseignement de l’arabe à l’école publique. Dans un contexte où cet enseignement se diffuse très rapidement dans les mosquées et les écoles coraniques, du fait notamment de l’absence d’offre de formation à l’école publique.

4. Une réflexion doit enfin être engagée sur l’absence de l’islam du concordat qui régit, encore aujourd’hui, la relation entre les cultes et l’État en Alsace-Moselle. Il en va de l’égalité entre les citoyens et de la capacité de l’État de créer une faculté de théologie capable de travailler rapidement sur des interprétations religieuses compatibles avec la société française d’aujourd’hui.

5. Lever les ambiguïtés qui pèsent sur certaines pratiques locales (baux emphytéotiques, carrés confessionnels, garanties d’emprunt) afin de garantir aux musulmans que ces pratiques juridiques sont conformes avec la Constitution.

Les obstacles à surmonter afin de construire cet islam français

Géopolitiques, d’abord, car l’organisation de l’islam de France se trouve enchâssée dans l’écheveau complexe des relations de la France avec les pays du Maghreb et la Turquie ;
 
Organisationnels, ensuite, parce que, malgré les inquiétudes relatives au communautarisme musulman, la "communauté musulmane en France" n’existe tout simplement pas : ni sentiment d’appartenance, ni intérêts communs identifiés, ni capacité d’action groupée. Depuis trente ans, les ministres de l’Intérieur successifs ont d’ailleurs tous échoué à trouver un interlocuteur représentatif ;
 
Financiers également, car malgré certains financements venus de pays étrangers "amis" (le Maroc, la Turquie, l’Algérie et l’Arabie Saoudite), l’islam de France est sous-financé et pâtit, par ailleurs, d’un manque de transparence dommageable pour sa réputation et qui entrave sa capacité à collecter les dons des fidèles ;
 
Institutionnels, enfin, car il faut que le gouvernement français fasse bien davantage confiance aux musulmans de France et notamment aux représentants de la majorité silencieuse prêts à s’engager. 

Comment y parvenir ? Nos propositions

Pour que l’islam français puisse se doter d’une ligne théologique compatible avec la société française et afin qu’il puisse rompre avec les discours diffusés par les États émetteurs d’idéologies rigoristes, il faut créer des instances – gérées par une nouvelle génération de musulmans – capables de produire et de diffuser des idées et des valeurs françaises.

L’islam n’est pas intégré au régime concordataire alsacien et mosellan. C’est un culte "non-reconnu". Par conséquent, le financement du culte musulman – et plus largement celui des nouveaux cultes – n’est pas aligné sur le régime dont bénéficient les quatre cultes reconnus (catholique, luthérien, calviniste, juif).

connaître et prendre la mesure de la situation par les statistiques religieuses. La réticence française à l’égard des recensements religieux et les estimations existantes autour de l’appartenance religieuse ne permettent pas de suivre finement l’évolution des composantes religieuses au sein de la population ;

rédiger un ouvrage scolaire d’histoire commun avec l’Italie, l’Espagne, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, afin de mettre en perspective historique les apports mutuels et les convergences religieuses et culturelles entre les deux rives de la Méditerranée.

Il aurait pour principales missions :
- d’adresser un signal politique fort, en sortant les relations avec les cultes du prisme sécuritaire – que peut induire le rattachement actuel du bureau des cultes au ministère de l’Intérieur –, et en favorisant une logique interministérielle dans les relations avec les différents cultes ;

- de répondre à l’administration éclatée de l’imamat, de l’attribution de visas aux imams étrangers, de la formation des aumôniers, du rattachement de l’Institut français des aumôniers et du contrôle des associations cultuelles ;

- d’assurer la liaison entre les pouvoirs publics, la Caisse d’assurance vieillesse invalidité maladies cultes (CAVIMAC) et les cultes ;

- de garantir l’application de la loi de 1905, la neutralité des services publics, en ne reconnaissant aucun culte et en traitant toutes les confessions religieuses de façon égale ;

- d’assurer la police administrative des cultes ;

- d’entretenir des relations régulières et constructives avec les autorités religieuses et les associations cultuelles dans chaque département – notamment par la nomination d’un délégué aux affaires religieuses et à la laïcité dans chaque préfecture de département ou de région.

Le questionnaire

Ce document présente le questionnaire Ifop soumis à notre échantillon représentatif de la population résidant en France métropolitaine – 15 459 personnes de 15 ans et plus ont été interrogées –, au sein duquel a été extrait un échantillon spécifique de personnes musulmanes ou de culture musulmane ; elles représentent 1 029 individus, parmi lesquels 874 se définissent comme "musulmans".
 
Cette enquête a été réalisée du 13 avril au 23 mai 2016. Les entretiens ont eu lieu par téléphone. La représentativité de l’échantillon global a été assurée par la méthode des quotas au regard :
• de critères sociodémographiques (sexe de l’individu, âge de l’individu) ;
• de critères socioprofessionnels (profession de l’individu) ;
• de critères géographiques (région administrative, taille d’unité urbaine, proportion d'immigrés dans la commune ou du quartier (IRIS) de résidence) ;
• de critères civiques (nationalité).
 
Ces quotas ont été définis à partir des données du recensement de l’INSEE pour la population âgée de 15 ans et plus résidant en métropole (RP-INSEE 2012).
 
Ce questionnaire a permis de recueillir des données objectives (sexe, âge, nationalité, catégorie socio-professionnelle, situation matrimoniale, etc.) et subjectives (opinions religieuses, attitudes sociales et politiques, etc.).
 
Il s’agit d’une enquête expérimentale, réalisée sur les opinions et les pratiques sociales des personnes musulmanes, et issues de familles musulmanes, en France. L’analyse de ces données a été réalisée par Antoine Jardin, docteur en science politique et ingénieur de recherche au CNRS. Les données de cette enquête sont accessibles aux chercheurs qui en formuleront la demande, appuyée par un directeur de recherche, comme il est d’usage pour les travaux de cette nature.
 
Cette enquête ne relève pas des statistiques ethniques. Sa méthodologie repose sur l’anonymat et l’accord des répondants, qui se sont auto-déclarés de confession musulmane. Aucune assignation ethnonationale, ethnoraciale, ni religieuse n’a été effectuée. Cette enquête valide et complète les résultats de travaux précurseurs sur les migrants et les descendants de migrants, tels que l’enquête RAPFI de 2006 et l’enquête TeO de 2008.
 
La singularité de ce travail est d’avoir choisi comme filtre la religion à laquelle s’identifie les individus et non leur rapport à l’immigration. Ces deux approches sont complémentaires et non contradictoires. Choisir le prisme religieux afin de définir l’échantillon ne signifie pas que toutes les réponses sont expliquées à partir du rapport à la religion. Bien au contraire, le rapport insiste sur les caractéristiques sociales, scolaires, de genre et de génération afin de remettre en perspective leurs réponses.
 
Ce travail respecte les principes scientifiques et déontologiques de l’enquête par sondage. Elle achoppe sur les mêmes difficultés : la marge d’erreur moyenne d’un sondage effectué auprès d’un échantillon de 1 000 personnes est d’environ 3 %, celle inhérente à l’analyse d’un sous-groupe dans ce même échantillon augmente sensiblement et peut s’élever entre 6 et 8 %.
 
Les enseignements qu’elle porte reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction. Les enquêtes ne produisent pas une connaissance objective sur la réalité sociale. En revanche, un usage raisonné de ces méthodes permet de valider ou d’infirmer les hypothèses formulées par des travaux qualitatifs en travaillant à partir d’un échantillon représentatif.
 
Les résultats présentés constituent une première analyse exploratoire, le développement de projets futurs permettra de compléter et de valider – ou d’infirmer – les premiers résultats obtenus.

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