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Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, 
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VIGILANCE SUPER-SENIOR

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Musique avec les sœurs Bertholet...virtuoses de l'archet..

com

ce soir sur F2 Prodiges-

Belle émission---

C'est si rare et mieux que la macronitude ambiante-

Philippe Boehler-

Camille et Julie Berthollet, archets croisés
https://www.letemps.ch/node/992638
Les deux sœurs ont entamé une carrière prometteuse en solo et en duo, boostée par l'émission Prodiges où la cadette a conquis le jury et le public. Rarement l'une sans l'autre, Camille et Julie étudient le violon et le violoncelle à Genève, et jouent partout

Camille et Julie Berthollet, archets croisés

Les deux sœurs ont entamé une carrière prometteuse en solo et en duo, boostée par l’émission Prodiges où la cadette a conquis le jury et le public. Rarement l’une sans l’autre, Camille et Julie étudient le violon et le violoncelle à Genève, et jouent parto

Elles ont des d’étoiles plein les yeux. Et un sourire solaire. Dans les coulisses du Victoria Hall, à l’issue du concert de Renaud Capuçon, Camille et Julie Berthollet sont venues féliciter le violoniste français. «C’était génial! C’est si difficile. Vous avez joué ça de façon incroyable!»

Ça, c’est Tzigane de Maurice Ravel et l’Introduction et rondo capriccioso de Camille Saint-Saëns. Autant dire deux œuvres étincelantes de virtuosité. Des partitions qui ne font pourtant pas peur aux jeunes musiciennes. A dix-sept et dix-neuf ans seulement, les deux sœurs manient brillamment l’archet. Depuis leur plus tendre enfance.

Ce qui les différencie

L’âge des premières notes? Quatre ans pour chacune. Toutes deux violonistes aujourd’hui, Camille et Julie jouent aussi du piano. Mais ce qui les différencie, c’est la maîtrise de l’alto (pour l’aînée aux cheveux châtains courts), et du violoncelle (pour la cadette à la longue crinière rousse).

N’essayez pas de comprendre leur parcours musical si imbriqué et varié qu’on s’y perd rapidement. Sans parler de la pratique des échecs, de la danse, du judo, du dessin, de l’orchestre, de la composition ou de l’arrangement pour duos…

Destin très singulier

La maman suisse, ancienne professeur de gym aujourd’hui impliquée dans le Prix Lettres Frontière, et le papa français, d’abord ingénieur puis enseignant dans le technique, ne les ont jamais contraintes. Ni poussées. «Nos parents nous ont toujours fait confiance et soutenues. Ils exigeaient juste qu’on aille au bout de ce qu’on entamait.»

Un destin décidément très singulier. Julie précède sa cadette d’un an et demi. Elle lit à trois ans et saute deux classes dès la deuxième année de maternelle. Camille, elle, prend une année d’avance. Très vite l’école ennuie l’aînée qui fait toutes ses études par correspondance. La petite Camille la suit. «C’était très pratique. On pouvait organiser notre temps chez nous, comme on voulait, pour travailler la musique.»

La symbiose

Julie multiplie l’apprentissage des instruments. Sa jeune sœur l’imite. Entre elles, c’est la symbiose. Et une tendresse infinie. «C’est ma reine, je l’admire tant!» dit Camille. «Je l’adore, j’essaye de la conseiller et de l’aider» dit Julie. Des disputes? Des rivalités? De la compétition? «Non, à quoi ça servirait?»

Quelques jours avant l’entretien fixé au Conservatoire de Genève, où elles étudient toutes les deux à la HEM (Camille en Bachelor de violoncelle avec François Guye, Julie dans la classe de violon de Mihaela Martin), les inséparables donnaient un concert à l’église de la Madeleine.

Elles choisissent tout ensemble

Longues robes fourreau, vert lumineux. «On aime aller les choisir et les essayer ensemble. Et on les échange régulièrement.» Elles se lancent dans le Concerto pour deux violons BWV 1043 de Jean-Sébastien Bach en compagnie de l’Ensemble D-Cadences, et offrent trois bis diaboliques qui soulèvent le public.

 

«La violoniste, c’est Julie, moi je suis violoncelliste», précise clairement Camille. Fin juin, l’ange flamboyant va quitter à regret Genève et son professeur à la carrure «paternelle», pour aller à Bruxelles. Le célèbre Gary Hoffman l’attend en septembre à la Chapelle musicale Reine Élisabeth de Belgique. «Je suis très fière d’avoir été acceptée dans sa classe de violoncelle.»

 

Camille s’est pourtant fait connaître avec le violon dans l’émission Prodiges, sur France 2. Elle y a fait exploser le box-office le 27 décembre 2014. «On n’avait aucune idée du nombre possible de spectateurs puisque c’était le premier projet de ce type. On ne savait pas non plus la date exacte de la diffusion de l’émission enregistrée en septembre. J’y suis allée comme à un concert habituel. Le public était très chaleureux et on s’entendait bien avec les autres concurrents.»

Les hasards des concours

Elle interprète l’Eté des Quatre saisons de Vivaldi et met le feu au Corum de Montpellier, en robe rouge coquelicot. Deux mois plus tard, quatre millions et demi de téléspectateurs la découvrent à l’écran et la plébiscitent. Un premier enregistrement chez Warner suit, couronné d’un disque d’or. La renommée de Camille flambe.

«En fait, c’est par hasard que je suis connue comme violoniste. J’avais envoyé deux vidéos. Une au violon, l’autre au violoncelle», explique la ravissante rouquine. «Ils ont visionné la première et m’ont choisie sur cet enregistrement, pensant que l’autre était un complément sur le même instrument. Quand Gautier Capuçon, qui faisait partie du jury, a appris que j’étais violoncelliste comme lui, il n’en est pas revenu. Tout s’est enchaîné sur le premier choix.»

Elle a alors 15 ans. Un peu tôt pour la célébrité… Mais les parents et la sœur chérie (trop «âgée» pour participer elle aussi à l’émission) veillent et l’accompagnent. Camille associe naturellement Julie à sa carrière fulgurante, lancée par une télévision très peu regardée à la maison. Il faut dire que les jeunes filles n’ont «pas le temps de s’ennuyer» et se passent difficilement l’une de l’autre. Depuis toujours, elles partagent tout. La musique, dans toutes les configurations imaginables de duos. Les jeux, le plus possible dehors (à Julie les arbres, à Camille les poupées).

Inséparables, ou presque

Les deux petites filles commencent leurs études musicales à Annecy d’abord, où elles habitent, puis après différents détours par Lyon, Vienne ou Zurich, elles se retrouvent plus tard à Genève où leur mère les mène en voiture presque quotidiennement. Enfin, elles montent le plus souvent sur scène ensemble, dans les pays les plus variés.

La plus longue période passée séparées? «Un mois» pour Camille. «Deux semaines» pour Julie. Trop longtemps visiblement pour chacune, selon leur perception personnelle. Elles transigent à trois semaines. «Mais on s’appelait tous les jours.»

Deux ans après Prodiges comment se vit la renommée au quotidien? «Simplement» lâchent les presque jumelles, d’une seule voix. «On ne supporte pas de se sentir utilisées. Si ça ne nous va pas, on refuse. Et ça ne change rien de fondamental à nos vies puisque la musique nous a toujours majoritairement occupées. Notre famille et nos amis comptent autant, et on travaille tout le temps qui nous est donné. Soit pour nos cours, soit pour préparer nos concerts.»

Ouvertes aux expériences

Belles comme des cœurs, la tête bien faite, saines et affectueuses, elles se montrent ouvertes aux expériences. A deux, tout est possible. Grimper sur le toit glissant du Conservatoire pour la séance photo les enchante, malgré un étroit escalier en colimaçon et un minuscule fenestron où il est difficile de faire passer le violoncelle, «Attends, je t’aide.». Arrivées là-haut: «C’est trop beau!». La place Neuve s’active sous leurs yeux plissés de joie. Et le monde est à leurs pieds.


Prochain concert à Genève pour la Fête de la musique, samedi 18 juin au Victoria Hall à 13h.


Profil Julie

1997 Naissance à l’Ile Maurice

2001 Début du violon

2006 1er Prix du Concours Vatelot-Rampal

2005 Début du piano

2014 1er Prix «Talents of Europe»

 

Profil Camille

1999 Naissance à Annecy

2005 Début du violoncelle

2007 Début du violon

2009 «Musimax» à Genève

2014 Gagne à Prodiges

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