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VIGILANCE SUPER-SENIOR

VIGILANCE SUPER-SENIOR

Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, vus sous la loupe d'un super senior.

Le -CRIME- DE MACRON: confondre Fondation d'un pays inexistant, l'Algérie et sa colonisation .

VIsite de  M. Macron en Algérie,

Une visite qui démontre le degré d'ignorance d'un candidat inexpérimenté, ignorant de l'Histoire de France et de l'Histoire en général
Comment un tel personnage pourrait-il diriger la France ?
Ce serait une erreur fatale  que de lui confier les clefs du Palais.

...Retirez-vous M . Macron... Ce serait mieux pour tout le monde.

...Parlons un peu de l' Algérie ? Comment construire un Etat inexistant serait  être un crime  contre l' humanité?

M Macron, vous êtes  est un personnage ignorant qui ne connait pas l'histoire de France. Vous vous êtes disqualifié  de la course à l'Elysée...par votre  méconnaissance de l'Histoire.

Sachez que....
...l'Algérie a été conquise sur ordre de Charles X , en 1830 , afin d' éradiquer les pirates ottomans qui étaient basés à Alger et qui procédaient   à des razzias tout le long des côtes de la Méditerranée.

Ces rafles fournissaient des esclaves chrétiens aux potentats arabo-musumans des pays du Golfe ( déjà)

En 1830, l'Algérie n'existait pas comme Etat, ne portait pas ce nom.

..................Il n'y avait rien.
Ce sont les Français qui ont tout construit, des maisons, des usines, des routes, des chemins de fer, des aéroports , des hôpitaux, des postes, etc---- une administration efficace..

Bref ils ont tout créé à partir de RIEN.

Partez vite M MACRON, vous êtes vraiment nul...pour le poste convoité.
 

Les esclaves français des Maures et des Turcs.
http://fr.guyderambaud.wikia.com/wiki/Les_esclaves_fran%C3%A7ais_des_Maures_et_des_Turcs.
Les esclaves français des Maures et des Turcs L'une des scènes les plus populaires de Molière est celle où le fourbe Scapin extorque cinq cents écus à Géronte en lui faisant croire que son f...

M Macron a perdu la tête et toute sa crédibilité---
Ouste de la course pour incapacité historique.
Philippe Boehler

En Algérie, Macron dénonce la colonisation : «C'est un crime contre l'humanité»

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Bien qu'il appelle à ne «pas balayer tout ce passé», le leader d'En Marche! estime toutefois que la France doit présenter ses «excuses à l'égard de celles et ceux vers lesquels (elle a) commis ces gestes» de «barbarie».

Voilà une sortie qui pourrait faire couler beaucoup d'encre. En marge de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé une interview au média local Echorouk News. L'occasion pour lui de revenir sur un sujet encore brûlant entre les deux pays: la colonisation. «C'est un crime. C'est un crime contre l'humanité. C'est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes», dénonce-t-il. Des mots très forts, maisqui ne traduisent pasune condamnation sans réserve pour autant. En effet, le leader d'En marche! a tempéré ses propos dans la foulée, empruntant ce qu'il a lui-même appelé un «chemin de crête».

«En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé, et je ne regrette pas cela parce qu'il y a une jolie formule qui vaut pour l'Algérie: “La France a installé les Droits de l'Homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire”. C'est une jolie formule pour expliquer ce qu'est cette période, c'est-à-dire qu'il y a eu des crimes terribles, il y a eu de la torture, il y a eu de la barbarie - parce que la colonisation est un acte de domination et de non-reconnaissance de l'autonomie d'un peuple. Mais en même temps, je ne veux pas qu'on tombe, tout en reconnaissant ce crime, dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien», a-t-il exhorté, dans une sorte de synthèse.

Le leader d'En Marche! est également revenu sur des propos qu'il avait tenus en novembre dernier, au moment de la parution de son livre Révolution: «Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l'émergence d'un État, de richesses, de classes moyennes, c'est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie», avait-il jugé, provoquant une vive polémique. «Non (je ne regrette pas ces propos), ils ont été sortis de leur contexte parce que je ne parlais pas que de l'Algérie», assure-t-il aujourd'hui. Avant de toutefois demander à ce qu'on ne lise pas ses propos «comme des éléments qui nient le fait de la colonisation et sa barbarie: si certains l'ont vu comme tel, je m'en excuse auprès d'eux».

» VIDÉO - Voir l'intégralité de l'interview:


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Les esclaves français des Maures et des Turcs.

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Les esclaves français des Maures et des Turcs 

 Prisonniers des barbaresques emmenés en esclavage dans un port d'Afrique.
Maghrébins frappant des esclaves européens.
Miguel de Cervantès (1547-1616) est esclave des barbaresques.
Achat d'une esclave européenne.

Esclave européenne fouettée par les barbaresques.

Massacre et enlèvement d'enfants par des barbaresques.

Dusquenne (1610-1688), lieutenant général des armées de mer de Louis XIV, délivrant des prisonniers des mains des Barbaresques à Alger.

Européennes captives des pirates musulmans.

L'une des scènes les plus populaires de Molière est celle où le fourbe Scapin extorque cinq cents écus à Géronte en lui faisant croire que son fils Léandre a été emmené à Alger comme esclave. Que diable allait-il faire dans cette galère ? se lamente Géronte, qui finit par lui remettre cet argent, le prix de la rançon[1].

Dans la littérature, les manuels d'histoire, ou les médias, l'esclavage de 2.000.000 d'Européens de l'Ouest et du Sud par les Maghrébins est minimisé, voir presque ignoré[2].

Tidiane N’Diaye, écrivain et anthropologue, montre comment les puissances arabo-musulmanes organisent un esclavage massif. Le sort de leurs victimes est considéré comme doux en comparaison de celui des esclaves noirs aux Amériques. A des siècles d'idéologie dominante raciste succède le modèle du musulman obligatoirement bon et des méchants judéo-chrétiens.

Beaucoup d'historiens ne parlent pas d'un autre aspect de la traite des Noirs, qui touche la déportation de 17.000.000 de personnes par des musulmans. Comme les esclaves blancs ils sont castrés par écrasement des testicules, pour qu'ils ne fécondent aucune femme arabo-musulmanee. Les morts du fait de cet acte de barbarie sont innombrables.

Le sort de 300.000 Français, esclaves chrétiens en Afrique du Nord, est à peine abordé, même par un excellent historien comme Braudel, pourtant dit spécialiste du bassin occidental de la Méditerranée. Et certains romanciers, plus que vrais historiens quand ils parlent de la conquête de l'Algérie et de l'établissement des protectorats en Tunisie et au Maroc, ne parlent plus de l'une de ses motivations, qui est de mettre fin à l'esclavage dans ces pays[3].

Pourtant du IXModèle:Exp jusqu'au XIXModèle:Exp siècle[4] les pirates barbaresques font régner la terreur dans le bassin occidental de la Méditerranée, selon La piraterie barbaresque en Méditerranée: XVI-XIXModèle:Exp siècle, de Roland Courtinat (2003).

Le livre de Robert C. Davis , Esclaves chrétiens, maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800)[5], édité en 2006, et ceux eux-aussi très récents d'autres universitaires anglo-saxons, quelques documentaires de chaînes TV d’histoire, et des articles de journaux, permettent de mieux comprendre cette période inconnue du fait de la censure des nouveaux bien-pensants. Rayer de notre mémoire le danger et le drame que représente pour certains de nos ancêtres l'esclavage des chrétiens par les Ottomans, les Algérois, Tunisiens, Tripolitains et Marocains, peut faire penser à l’attitude des Turcs face au génocide arménien. Pourtant nous sommes apparentés aux victimes et pas aux tortionnaires.

Sur mer, les corsaires attaquent les galères chrétiennes, les navires de pêche ou marchands. Peu de zones côtières sont à l'abri des razzias des barbaresques, même celles du sud de l'Angleterre[6]. Parfois, ils pénètrent loin dans les terres par les fleuves pour piller et emmener des prisonniers dans les bagnes du Maghreb ou d'autres places dans l'empire ottoman.

Ces prises nuisent au développement de régions entières et au développement du négoce et de la pêche. Les ponctions humaines régulières et les rançons élevées provoquent la ruine d'une partie de nos aïeux et la décomposition du tissu social. La Méditerranée devient la mer de la peur, nombre d'habitants des côtes délaissent les littoraux pour s’installer plus loin, vers l’intérieur[7]. Les villages sont construits sur des hauteurs. Les seigneurs, puis les garde-côtes empêchent parfois bien des drames.

Les causes de l’esclavage des chrétiens sont tour à tour mentionnées par Robert C. Davis : la Reconquista, le désir de prendre une revanche sur les croisades, le Djihad... Pour d’autres, plus nombreux, c’est l’appât du gain, les femmes et les jeunes garçons...

Un esclave reste un esclave, et le négrier n'a ni race ni couleur. Robert Davis a raison de mettre l'accent sur ce drame méditerranéen, souvent oublié. La traite arabe concerne en son temps un territoire qui déborde de l'aire arabe. Les négriers ne sont pas exclusivement musulmans. Des juifs, des chrétiens et des renégats participent à ces entreprises.

Les Blancs ont oublié ce dont les Noirs se souviennent. Il faut toutefois préciser que l'esclavage n'est pas né et ne s'est pas développé considérablement avec l'islam. La traite arabe est en fait un détail mineur de l'histoire passée par ailleurs souvent brillante des civilisations musulmanes. Beaucoup de musulmans sont eux-mêmes des victimes de l'esclavage organisé par des chrétiens.

Le million et quelques de victimes de certains musulmans, chrétiens, renégats ou juifs n'excusent en rien les crimes horribles des armateurs esclavagistes européens et américains vis à vis des Noirs. Comme un bon nombre de ces criminels sont juifs, cela montre que ce trafic n'est en rien lié uniquement à l'une des religions du livre et pas aux deux autres. Cet article essaie aussi de montrer que l'esclavage des Blancs par les pirates maghrébins est l'une des causes principales de la colonisation française de l'Afrique du Nord. Mais il n'est pas non plus écrit pour justifier le colonialisme et ses crimes[8].

Comme le montre Malek Chebel, dans L'esclavage en terre d'islam (2007), l'esclavage est en réalité la pratique la mieux partagée de la planète, un phénomène quasi universel, un tabou bien gardé. L'absence de descendants d'esclaves, du fait de la castration des victimes, dont parle l'anthropologue Tidiane N'Diaye, est également l'une des causes de l'absence de débat et de reconnaissance de l'esclavagisme arabo-musulman.

Captives and Corsairs: France and Slavery in the Early Modern Mediterranean, de Gillian Lee Weiss, qui vient d'être publié par Stanford University Press, permet d’en avoir plus sur ce passé méconnu [9].

 

Sommaire

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AU MOYEN-ÂGE Modifier

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De l'antiquité à l'an mil Modifier

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Avant la naissance de l'islam Modifier

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Esclaves juifs du temps de la civilisation pharaonique.

Le mot hébreu qu'on traduit par celui de serviteur répond proprement à notre mot esclave. Au temps d'Abraham, les serviteurs, achetés ou nés dans la famille, font partie des possessions de son chef patriarcal, comme les chameaux. Il y a donc chez les juifs, comme chez leurs voisins de Syrie et d'Arabie, tous les genres d'esclavage et de commerce d'esclaves. La loi mosaïque établit d'ailleurs une distinction essentielle entre les esclaves indigènes et ceux achetés à l'étranger. Les premiers, après dix années de servitude, sont parfois rendus à la liberté. Par contre, les enfants des esclaves, tant indigènes qu'étrangers, demeurent la propriété perpétuelle des maîtres.

Les Hébreux sont eux-même esclaves en Egypte et à Babylone.

Du temps des cités et royaumes grecs, en Egypte ou dans l'empire romain, sans oublier l'Amérique du sud les esclaves sont encore plus nombreux que chez les Sémites et ils sont parfois encore plus maltraités. Ils font la richesse des grands propriétaires terriens et l'Europe va connaître le servage. Il disparaît en Occident en même que l'esclave dans les pays du Maghreb et al-Andalus.

 

Des religions

Bulletin bibliographique
136-30

Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800)

Cahors, Éditions Jacqueline Chambon, 2006, 335 p.
Carmen Bernand
p. 115-283

Texte intégral

Une des scnènes principales est celle où le fourbe Scapin extorque cinq cents écus à Géronte en lui faisant croire que son fils Léandre a été emmené à Alger comme esclave. « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » se lamente Géronte, qui finit par lui remettre cet argent, le prix de la rançon. Cet épisode des « Fourberies de Scapin », exposé sur le mode comique, révèle en fait une pratique relativement fréquente et, en tout cas, dramatique que Robert C. Davis présente et analyse dans ce livre passionnant sur l'esclavage des chrétiens par les Turcs et leurs corsaires algérois, tunisiens et tripolitains. L'esclavage des Blancs, explique l'auteur, minimisé et tenu pour relativement doux en comparaison de celui des Noirs dans les Amériques, offre pourtant des chiffres qui montrent l'étendue d'une activité qui se maintiendra jusqu'au xixe siècle et ne disparaîtra qu'avec l'installation du colonialisme français.

2Combien de chrétiens – car il s'agit bien d'un prélèvement d'ennemis, d'infidèles, par les corsaires musulmans dont beaucoup sont des renégats – ont été soumis en esclavage ? L'auteur, qui a travaillé principalement en Italie avec une documentation de première main – dont une partie émane des archives de Propaganda Fide – expose les difficultés de chiffrer de façon exacte le nombre des captifs ainsi que les biais inévitables de la documentation, fournie essentiellement par les ordres religieux qui avaient tendance à exagérer le nombre de ces esclaves. Toutefois, sur la base de certains recoupements, R.C. Davis arrive à la conclusion qu'entre 1580 et 1680, la période la plus active de cette course méditerranéenne – les « Fourberies » datent de 1671 – on peut accepter une moyenne annuelle de 35 000 captifs vivants répartis, pour la grande majorité, à Alger et, en nombre moins important, à Tunis (6 000) et Tripoli, bien que d'autres bagnes aient existé notamment à Dulcigno (Montenegro), en fait une étape dans la traversée de la Méditerranée jusqu'à Alger. S'il est vrai qu'aucun royaume européen n'était à l'abri des incursions corsaires, qui pouvaient remonter de Salé jusqu'au sud de l'Angleterre, ce sont les côtes espagnoles et italiennes qui furent les plus touchées par les razzias. Les corsaires ne se contentaient pas d'aborder des galères chrétiennes ou des bateaux de pêche : ils mouillaient dans des criques isolées et pénétraient dans les terres, pillaient, saccageaient au passage, et emportaient des paysans ou des religieux, soit pour rançonner la famille, soit pour emmener leurs victimes dans les bagnes d'Alger ou d'ailleurs et en faire des esclaves. Avec justesse, l'auteur explique que ces prises non seulement terrorisaient les habitants du littoral et rendaient très risqués la pêche et le commerce maritime, mais que la ponction humaine régulière et la difficulté de payer des rançons élevées de la part de ceux qui restaient, eurent pour conséquence la ruine d'une partie de ces populations et la décomposition du tissu social.

3.La vie dans les bagnes,

ainsi que les différentes fonctions des esclaves, est décrite avec des détails puisés dans la documentation examinée par l'auteur. Le passage concernant la vie dans les galères turques est saisissant, et R. Davis précise que le contraire était aussi cruel. Cependant, on a l'impression que ces esclaves étaient soumis à l'arbitraire des maîtres, voire à leur sadisme. Par comparaison avec les esclaves noirs des Amériques, que R. Davis réduit à tort aux seules plantations alors que l'esclavage urbain était important (l'évoquer lui aurait permis une comparaison plus exacte avec Alger et les autres ports), ceux d'Afrique du Nord n'ont absolument aucun recours, même si les bagnes hébergent une petite chapelle. En Amérique ibérique, du moins dans les centres urbains, l'esclave jouit d'une protection minimale de l'Église ; son travail comme journalier lui permet de constituer un (maigre) pécule qui lui permettra de racheter sa liberté ; il est également nourri par son maître. En Afrique du Nord, l'esclave n'a rien et il doit acheter sa nourriture et payer son « logement » dans le bagne. Toutefois, il existait des différences très grandes entre les esclaves : d'une part, ceux qui pouvaient être rachetés à bon prix, qui savaient lire et qui jouissaient d'un régime moins sévère, d'autre part, les laissés pour compte : paysans et pêcheurs razziés qui finissaient souvent leurs jours attachés à la rame d'une galère. Pas de manumission mais une possibilité d'échapper à ce destin en abjurant sa religion. À plusieurs reprises, R. Davis affirme que la conversion à l'islam n'était pas recherchée par les maîtres d'esclaves ni par le pacha parce qu'elle les privait d'une main-d'œuvre bon marché. Cependant beaucoup renièrent leur foi chrétienne, donnant par là aux frères rédempteurs, comme les Trinitaires, un argument précieux pour recueillir les fonds destinés à payer les rançons. Un autre argument pour faire appel à la charité et réunir les sommes demandées par les corsaires et leurs commanditaires, était le danger, pour les jeunes gens enlevés, de la sodomie ou du harem pour les jeunes filles. Les descriptions des bagnes et de leur ordonnancement constituent un passage fort de ce livre, ainsi que la question des sabirs, de la lingua franca et de la difficile communication entre les uns et les autres. Signalons encore les observations très fines sur la vie quotidienne et les menaces constantes d'incursions corsaires : les victimes, dit l'auteur, « prenaient la mer un matin et disparaissaient purement et simplement » sans laisser de trace. Les plus fortunés de ces captifs réussissaient après des années à envoyer une lettre à leur famille. D'autres, illettrés ne pouvant se payer ni le scribe, ni l'encre ni le papier, restaient « disparus ». Quant aux corsaires, pour la plupart des renégats animés par la haine et le ressentiment envers leurs anciens frères chrétiens, ils s'en prenaient aux symboles religieux, croix, images, chapelles, qu'ils saccageaient.

4La dernière partie retrace le retour des captifs, une fois rédimés, dans leur pays natal. En moyenne, ils passaient cinq ou six ans en captivité. Or, le retour de l'absent n'était pas aisé et de nombreux cas montrent que, les familles s'étant accommodées de leur absence, leur réapparition remettait en cause les héritages, les dots, les mariages et l'équilibre de la maisonnée. Signalons le chapitre consacré au rôle des frères rédempteurs, trinitaires ou mercédaires, et aux rituels que ceux-ci accomplissaient afin d'effacer la « souillure » de l'esclavage et de réintroduire le chrétien dans un tissu social où il demeurait l'obligé de ceux qui avaient payé sa rançon et restait, au moins symboliquement, l'esclave des moines ou des puissants.

5Un esclave reste un esclave, et le négrier n'a ni race ni couleur : Robert Davis a raison de mettre l'accent sur ce drame méditerranéen, souvent oublié par le « politiquement correct ». Jusqu'à quel point la tragédie de cet esclavage chrétien inspira les critiques abolitionnistes, comme il le suggère à la fin de son ouvrage ? La réponse n'est pas claire mais la richesse des matériaux nous incite à rechercher cette connexion et à rapprocher toutes les formes d'exploitation du travail servile pour en saisir la redoutable logique, quels que soient ceux qui l'ont développée.

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Pour citer cet article

Référence papier

Carmen Bernand, « Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) », Archives de sciences sociales des religions, 136 | 2006, 115-283.

Référence électronique

Carmen Bernand, « Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans. L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 136 | octobre - décembre 2006, document 136-30, mis en ligne le 12 février 2007, consulté le 15 février 2017. URL : http://assr.revues.org/3905

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Auteur

Carmen Bernand

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Droits d’auteur

© Archives de sciences sociales des religions

Les bagnes     Modifier

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Esclaves au bagne d'Alger.

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Tortures infligées à certains esclaves des Barbaresques.

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Autres supplices infligés aux esclaves par les barbaresques.

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Certains illustrateurs montrent des esclaves dans des prisons d'une propreté suisse.

Malgré leur participation importante à de grandes tâches étatiques : construction de digues, de fortifications, de ports, de rues ou encore de palais, les esclaves ne laissent pratiquement aucune trace perceptible dans l'histoire, remarque dans L’autre esclavage, Robert C. Davis. Il parle donc d’un invisible esclavage.

Les nouveaux esclaves hommes sont orientés vers des activités variées, allant du travail dans les orangeraies au service domestique. Mais ce type d’esclavage décline plus rapidement que celui organisé au bénéfice des États barbaresques. Au point que, à la fin du XVIIIe siècle, la moitié des esclaves chrétiens d’Alger vivent dans des bagnes publics.

La plupart se voient confier des tâches particulièrement dures : galères, extraction et convoyage de pierres, construction... Et aucun code blanc (à l’imitation du fameux code noir appliqué dans les Antilles françaises), même symbolique, ne vient limiter le pouvoir du maître sur son esclave infidèle. Certains captifs sont loués à des entrepreneurs. D’autres ont ordre d'aller voler. Ce sont les seules moyens de survivre au sein du système esclavagiste.

Au bagne ils sont retenus par des chaînes de fer et surveillés étroitement par de cruels geôliers. Ils croupissent dans une malpropreté sordide et repoussante. On compte une vingtaine de bagnes à Alger, quatorze à Tunis, cinq à Bizerte, et dans chacun il y a place pour deux cents, trois cents ou même quatre cents captifs.

Pour loger les esclaves, tout local est bon, même les étables. On écrit de Bizerte à Saint Vincent de Paul :

Parmi les esclaves de ce lieu, outre ceux des bagnes, j'en ai trouvé quarante enfermés dans un étable si petite et si étroite qu'à peine s'y pouvaient-ils remuer. Ils n'y recevaient l'air que par un soupirail fermé d'une grille de fer, qui est sur le haut de la voûte. Tous sont enchaînés deux par deux et perpétuellement enfermés, et néanmoins ils travaillent à moudre du café dans un petit moulin à bras, avec obligation de moudre chaque jour une certaine quantité réglée qui surpasse leurs forces. Certes, ces pauvres gens sont vraiment nourris du pain de la douleur, et ils peuvent bien dire qu'ils mangent à la sueur de leurs corps dans ce lieu étouffé et avec un travail excessifs. Peu de temps après que j'y fus entré pour les visiter, comme je les embrassais dans ce pitoyable état, j'entendis des cris de femmes et d'enfants, entremêlés de gémissements et de pleurs ; levant les yeux vers le soupirail, j'appris que c'étaient cinq pauvres femmes chrétiennes esclaves, dont trois avaient chacune un petit enfant, et toutes étaient dans une extrême nécessité.

La vie dans les galères est terrible, mais en France beaucoup de protestants connaissent au XVIIe siècle un sort comparable. Les esclaves sont soumis à l'arbitraire total des maîtres, voire à leur sadisme.

Par comparaison avec les esclaves noirs des Amériques, R. Davis nous dit que ceux d'Afrique du Nord n'ont absolument aucun recours, même si les bagnes hébergent une petite chapelle. En Amérique, l'esclave jouit d'une protection minimale de l'Église. Son travail comme journalier lui permet de constituer un maigre pécule et il est également nourri par son maître. En Afrique du Nord, l'esclave n'a rien et il doit acheter sa nourriture et payer son logement au bagne.

Toutefois, il existe des différences très grandes entre les esclaves. D’une part, ceux qui peuvent être rachetés à bon prix ou qui savent lire jouissent d'un régime moins sévère. Les plus fortunés de ces captifs réussissent après des années à envoyer une lettre à leur famille.

D'autres, illettrés ne pouvant se payer ni le scribe, ni l'encre ni le papier, restent disparus. Les paysans et les marins finissent souvent leurs jours attachés à la rame d'une galère.

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