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Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, 
vus sous la loupe d'un super senior.

VIGILANCE SUPER-SENIOR

Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, vus sous la loupe d'un super senior.

Connaître l'islam ? Mieux le cerner en lisant Sami Aldeeb, -savoir ou se faire avoir-..

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Texte de la lettre  du Dr- Sami Aldeeb au Président Trump

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"Sami Aldeeb: lettre ouverte à M. le Président Trump à propos du terrorisme et de l’immigration

Jan 252017

 

عربي Français English – Deutsch

Monsieur le Président,

Je me permets de m’adresser à vous en tant que chrétien d’origine palestinienne vivant en Suisse, expert en droit arabe et musulman, domaine que j’ai enseigné dans différentes universités en Italie, en France et en Suisse, et sur lequel j’ai publié une quarantaine d’ouvrages, dont une édition arabe, une traduction anglaise et une traduction française du Coran par ordre chronologique.

Il est du devoir de chacun de nous de soutenir les efforts de nos dirigeants pour une société meilleure et de leur souhaiter plein succès dans l’accomplissement de leurs obligations.

La société, comme une statue, a deux pieds: le pouvoir, et le savant qui détient la connaissance. Le pouvoir pour exécuter, et le savant pour éclairer la lanterne du pouvoir.

Lorsqu’une épidémie survient, il faut que les savants l’identifient … Mais encore faut-il qu’ils aient été formés et soient libres de s’exprimer. Ensuite, il faut que les savants informent le pouvoir pour qu’il prenne les mesures qui s’imposent en vue de contrer cette épidémie.

Votre pays, comme l’Europe, la région dont je suis originaire et le reste du monde sont confrontés à la montée de la violence exercée notamment par différents groupes terroristes islamiques. Cette violence est l’une des causes des vagues d’immigrés qui déferlent sur l’Europe, les États-Unis et d’autres pays du monde. Dans vos déclarations, vous avez insisté sur ces deux problèmes.

Vous avez ainsi décrit le «terrorisme islamique radical» comme un «mal» inédit dans l’histoire, ajoutant qu’il devait être «éliminé de la surface de la Terre»: «Nous allons y mettre fin. C’est le moment. C’est maintenant le moment d’y mettre fin.» Mais vous n’avez pas précisé les moyens que vous allez déployer pour y parvenir. Vous avez en outre dénoncé ce que vous appelez l’erreur catastrophique de la chancelière allemande Angela Merkel en ouvrant son pays aux immigrés, estimant  que Berlin, plutôt que d’accueillir des réfugiés, aurait mieux fait de militer davantage pour obtenir la création de zones d’exclusion aérienne en Syrie pour protéger la population locale des bombardements. «Les pays du Golfe auraient dû payer pour ça, après tout ils ont plus d’argent que quiconque.»

Permettez-moi de vous donner mon avis à propos de ces deux problèmes.

En ce qui concerne le terrorisme islamique radical, il est certes nécessaire d’y faire face avec des armes, mais les armes seules ne suffiront pas. Il faut aussi et surtout éliminer l’idéologie sur laquelle il se base, à savoir l’idéologie islamique. Car il faut nommer les choses par leur nom pour fournir une réponse adéquate.

Le terrorisme islamique radical se base sur le Coran, la Sunnah de Mahomet et l’enseignement de l’islam. Les groupes terroristes islamiques radicaux ne font que mettre en pratique ce que les universités, les centres islamiques, les écoles et les mosquées enseignent depuis quatorze siècles dans tous les pays musulmans, et même dans les pays occidentaux, dont le vôtre. Des intellectuels et journalistes égyptiens ne cessent de dénoncer cet enseignement, qui est à l’origine du terrorisme qui déstabilise l’Égypte. Cet enseignement y est véhiculé notamment par les mosquées et les institutions scolaires et universitaires de l’Azhar, la plus importante institution religieuse du monde sunnite. Sans un changement radical de cet enseignement, il est impossible de mettre fin au terrorisme islamique radical. Mais comment procéder?

Le penseur soudanais Mahmoud Muhammad Taha, qualifié de Ghandi Africain, avait proposé à ses coreligionnaires de suivre le Coran et l’islam mecquois, plus ou moins pacifiques, et d’abandonner le Coran et l’islam médinois:

  • qui prône la discrimination contre les femmes et les non-musulmans;

  • qui prescrit la guerre contre les mécréants jusqu’à la conversion de l’humanité entière à l’islam, accordant aux gens du livre le choix entre la conversion à l’islam, le paiement d’un tribut ou leur mise à mort et l’asservissement de leurs enfants et leurs femmes. Quant à ceux qui ne font pas partie des gens du livre, ils n’ont que le choix entre l’islam et leur mise à mort et l’asservissement de leurs enfants et leurs femmes;

  • qui prévoit des châtiments cruels contraires aux droits de l’homme (amputation de la main du voleur, lapidation de l’adultère, mise à mort de ceux qui quittent l’islam, etc.). Ces châtiments sont d’ailleurs repris dans le code pénal arabe unifié signé par tous les ministres arabes de justice et figurant sur le site de la Ligue arabe, code que j’ai traduit en français.

L’EI et les autres groupes terroristes islamiques radicaux ne font qu’appliquer fidèlement ces enseignements de l’islam. Les dirigeants occidentaux qui prétendent que les pratiques de ces groupes terroristes n’ont pas de lien avec l’islam se trompent et trompent leurs citoyens. Et c’est la raison pour laquelle ils ne parviennent pas à éliminer le terrorisme islamique radical. Un médecin qui diagnostique mal une maladie expose son patient à un danger fatal.

Si la proposition de Mahmoud Muhammad Taha avait été acceptée par les musulmans, le terrorisme islamique radical actuel ne serait pas apparu. Mais hélas, Mahmoud Muhammad Taha a été pendu en 1985 sur instigation de l’Azhar et d’autres organisations islamiques telles que la Ligue du monde musulman dont le siège est en Arabie saoudite. Pour mettre fin au terrorisme islamique radical, il faut prendre les mesures qui s’imposent pour changer ses bases idéologiques.

Il faut donc inciter le monde musulman à restreindre la diffusion du Coran actuel, qui mélange les chapitres mecquois plus ou moins pacifiques et les chapitres médinois violents et discriminatoires, et imposer de nouvelles éditions du Coran par ordre chronologique séparant les deux parties, afin que les musulmans et le reste de l’humanité puissent distinguer entre les deux parties du Coran. C’est ce que j’ai fait avec mon édition arabe et mes traductions du Coran: https://goo.gl/72ya61.

Il faut en outre exiger des pays musulmans le changement radical de leurs enseignements dans les écoles, les universités et les mosquées, et leur imposer le respect de la liberté religieuse telle qu’elle est définie par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.»

Il faut aussi, impérativement, que les pays arabes retirent officiellement le Code pénal arabe unifié qui prévoit des sanctions islamiques cruelles, code qui figure sur le site web de la Ligue arabe et que j’ai traduit.

Enfin, il faut que les universités et centres de recherches dans les pays occidentaux, y compris le vôtre, œuvrent pour un tel changement.

En ce qui concerne l’immigration, il est extrêmement probable que si les pays occidentaux ouvrent leurs portes, quelque cent millions de musulmans quitteront leurs pays d’origine pour échapper à l’enfer des pays arabes et musulmans. Des milliers de musulmans tentent actuellement de forcer les frontières au risque de leur vie et se retrouvent dans des situations inhumaines. Or ces musulmans transportent l’idéologie qui a détruit leurs propres pays, idéologie qui finira par détruire aussi les pays occidentaux. D’autre part, beaucoup de musulmans sont internés dans des prisons occidentales où ils se radicalisent de plus en plus. On estime qu’environ 70% des prisonniers en France sont des musulmans. Lorsque ces prisonniers quitteront leurs prisons après l’exécution de leurs peines, ils détruiront les pays occidentaux. Des terroristes qui ont commis des attentats en Europe et dans votre pays sont passés par ces prisons, véritables pépinières de terroristes.

Face à cette réalité que personne ne peut nier, ne serait-il pas plus judicieux de créer un nouvel État sur la moitié du territoire de l’Arabie saoudite, sous protection internationale, pouvant accueillir cent millions de musulmans désirant quitter leurs pays d’origine ainsi que les musulmans détenus dans les prisons occidentales? Ce «nouveau pays» devrait être placé sous protection internationale, géré selon les normes internationales des droits de l’homme, et financé par la moitié des revenus pétroliers de l’Arabie saoudite, principal pourvoyeur de fonds aux groupes terroristes et principal pays propageant l’idéologie islamique radicale sur laquelle se basent les groupes terroristes islamiques. Ce faisant, on donnera une chance à ces musulmans de se réhabiliter et de trouver une nouvelle vie, digne et humaine.

En bref, Monsieur le Président, il ne suffit pas d’envoyer des avions bombarder les groupes terroristes islamiques en Syrie, en Irak et ailleurs. Il faut aussi, et surtout, démanteler l’idéologie qui sert de base à ces groupes terroristes islamiques qui sont actifs aussi en Europe et dans votre pays. Pour éliminer les épidémies, il ne suffit pas de traiter les effets, il faut absolument s’attaquer à leurs causes et à leurs sources.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes meilleurs vœux de succès dans votre fonction pour le bien de votre pays et de l’humanité entière.

Dr. Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et en anglais, et auteur de nombreux ouvrages

 

Jan 252017

 

عربي Français English – Deutsch

Dear Mr President,

Please let me address to you this message as a Christian with a Palestinian origin living in Switzerland. I am an expert on Arab and Islamic law, a field that I taught at various universities in Italy, France and Switzerland, and on which I published more than forty books, including an Arabic  edition, an English translation and a French translation of the Koran in chronological order.

It is the duty of each of us to support the efforts of our leaders towards a better society and to wish them success in fulfilling their obligations.

The society, as a statue, has two legs: the public authority, and the scholars who have the knowledge. The public authority executes, and the scholars enlighten the public authority.

When an epidemic occurs, it is necessary that scholars are able to identify it … But still they must have been trained and are free to express themselves. Then the scholars must inform the public authority in order to take the necessary measures to counter this epidemic.

Your country, like Europe, the region where I come from, and the world are facing the rise of violence in particular by various Islamic terrorist groups. This violence is one of the causes of immigrant waves breaking on the shores of Europe, the US and other countries. In your statements, you highlighted these two issues.

You  desOKcribed “radical Islamic terrorism” as an “evil” unseen before, adding that it should be just “eradicated off the face of the earth”: “we gonna end it. It’s time. It’s time right now to end it”. But you have not said how you will achieve this goal. You also called Angela Merkel’s open door policy to refugees a “catastrophic mistake”, saying that Berlin, instead of hosting refugees, would have done better to advocate more for the creation of no-fly zones in Syria in order to protect the local population from the bombing. “The gulf states should have had to pay for them. After all, they have money like hardly anyone else has”.

Let me give you my humble opinion on these two issues.

Regarding radical Islamic terrorism, it is certainly necessary to fight it with weapons, but weapons alone will not suffice. It is also particularly important to eliminate the ideology on which radical Islamic terrorism is based, namely the Islamic ideology. To take adequate action we must call things by their name.

The radical Islamic terrorism is based on the Koran, the Sunnah of Muhammad and the teachings of Islam. Radical Islamic terrorist groups are only putting into practice what universities, Islamic centers, schools and mosques have been teaching for fourteen centuries in all Muslim countries, and even in Western countries, including yours. Egyptian journalists and intellectuals continue to denounce this teaching, which is the source of terrorism that destabilizes Egypt. This teaching is conveyed by mosques, schools and universities of Al-Azhar, the most important religious institution in the Sunni world. Without a radical change of this teaching, it is impossible to end the radical Islamic terrorism. But how to proceed?

The Sudanese thinker Mahmud Muhammad Taha, known as The African Ghandi, had proposed to Muslims to follow the Koran and Islam of the Meccan period, more or less peaceful, and to abandon the Koran and Islam of the Medinian period:

  • which advocates discrimination against women and non-Muslims;

  • which prescribes war against the disbelievers until the conversion of the whole humanity to Islam, giving the People of the Book the choice between conversion to Islam, payment of tribute, or killing and enslavement of their children and women. As for those who are not part of the People of the Book, they have only the choice between Islam or killing and enslavement of their children and women;

  • which prescribes cruel punishments violating human rights (amputation of a thief’s hand, stoning for adultery, killing of those who leave Islam, etc.). These punishments are also included in the unified Arab penal code signed by all Arab Ministers of Justice and published on the website of the Arab League, which I translated  in French.

ISIS and other radical Islamic terrorist groups faithfully apply the teachings of Islam. Western leaders who claim that the practices of these terrorist groups have nothing to do with Islam are misled and are in turn misleading their citizens. This is why they fail to eradicate radical Islamic terrorism. A doctor who wrongly diagnoses a disease exposes the patient to fatal danger.

If the proposition of Mahmud Muhammad Taha had been accepted by Muslims, the current radical Islamic terrorism would not have appeared. But unfortunately Mahmud Muhammad Taha was hanged in 1985 on the instigation of Al-Azhar and other Islamic organizations such as the League of the Muslim world whose headquarters are in Saudi Arabia.

To end the radical Islamic terrorism, we must take the necessary steps to change its ideological basis.

We must therefore encourage the Muslim world to restrict the dissemination of the current Koran that mixes more or less peaceful Meccan chapters with the violent and discriminatory Medinian chapters, and impose new editions of the Koran in chronological order, separating the two parts, so that Muslims and the rest of humanity can distinguish between them. That’s what I did in my Arabic edition and my translations of the Koran.

We should also require from Muslim countries a radical change of their teachings in schools, universities and mosques, and impose respect for religious freedom as defined by Article 18 of the Universal Declaration of human Rights: “Everyone has the right to freedom of thought, conscience and religion; this right includes freedom to change his religion or belief, and freedom, either alone or in community with others and in public or private, to manifest his religion or belief in teaching, practice, worship and observance.”

The Arab countries must also formally withdraw the unified Arab penal code published on the website of the Arab League, which I translated  in French.

Finally, universities and research centers in Western countries, including yours, must work for such a change to take place.

Regarding immigration, it is extremely likely that if Western countries open their doors, some hundred million Muslims will emigrate to escape the hell of the Arab and Muslim countries. Thousands of Muslims are trying to cross the borders risking their lives and finding themselves in inhuman situations. These Muslims carry the ideology that destroyed their own country, an ideology that will ultimately destroy the West too. On the other hand, many Muslims are incarcerated in Western prisons where they are further radicalized. It is estimated that 70% of prisoners in France are Muslims. When these prisoners will leave their prisons after they have completed their sentences, they will destroy the West. Terrorists who committed attacks in Europe and in your country went through these prisons, which are real terrorist nurseries.

Faced with this reality that nobody can deny, would it not be wiser to create a new state on half of the territory of Saudi Arabia, under international protection, which can accommodate at least one hundred million Muslims wishing to leave their countries of origin as well as the Muslim detainees in Western prisons? This “new country” should be placed under international protection, managed according to international standards of human rights, and funded by half of the oil revenues of Saudi Arabia, which is the main provider of funds to terrorist groups and the main country propagating radical Islamic ideology on which Islamic terrorist groups are based. In doing so, we give a chance to these Muslims to be rehabilitated and get a new life, which is both dignified and humane.

In short, Mr President, it is not enough to send planes to bomb Islamic terrorist groups in Syria, Iraq and elsewhere. We must also, and above all, dismantle the ideology that is the basis for these Islamic terrorist groups who are also active in Europe and in your country. To eliminate epidemics, it is not enough to treat the symptoms, it is also as imperative to address their causes and sources.

I wish you, dear Mr President, full success in your job for the good of your country and that of all humanity.

Dr Sami Aldeeb, University Professor 
Director of the Centre of Arab and Islamic Law

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