Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
VIGILANCE SUPER-SENIOR

VIGILANCE SUPER-SENIOR

Politique, survol de l'actu, réflexions, propositions, vus sous la loupe d'un super senior.

A force d'entendre dire :" l'islam c'est pas ça", je crois que ce texte vous donnera la réponse.

Pour se mettre dans le *bain*, commençons par lire ce que dit le Prof.Sami Adeeb, spécialiste de l'islam, Suisse, chrétien d'origine de Galilée (Terre Sainte):

"Commentaire de Sami Aldeeb

Si les signataires de cette déclaration étaient sincères dans leurs intentions, ils devraient traduire cette déclaration au niveau législatif comme suit:

1) Supprimer les articles constitutionnels qui font de l’islam la religion d’État. L’État est une institution administrative qui gère les affaires des gens sur la base de la citoyenneté et non pas sur la base de la religion. L’État ne peut avoir de religion: il ne prononce pas l’attestation de la foi, il ne prie pas, il ne jeûne pas, il ne paie pas la zakat, et il ne fait pas le pèlerinage. Ces cinq piliers de l’Islam ne sont accomplis que par des individus. Considérer l’Islam comme religion d’État signifie que l’islam a la priorité sur les autres religions, et que les adeptes de l’islam ont plus de droit que les adeptes des autres religions.

2) Supprimer toutes les dispositions légales qui établissent une distinction entre les musulmans et les non-musulmans dans le domaine de la liberté religieuse et de la liberté d’expression. Cela implique la suppression de tous les articles relatifs à l’apostasie dans les lois arabes et islamiques, y compris le Code pénal arabe unifié approuvé par tous les ministres arabes de la justice. Ce Code pénal publié sur le site Internet de la Ligue arabe doit être modifié et rendu conforme à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui dit: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.» Dans le même temps, il faut déclarer caduques toutes les fatwas émises par des organisations islamiques concernant l’apostasie. Il faut aussi supprimer toutes les dispositions légales qui empêchent l’entrée des livres religieux non islamiques dans certains pays, et empêchent le prosélytisme pour une autre religion que l’islam.
3) Supprimer toutes les dispositions légales qui établissent une distinction entre les musulmans et non-musulmans dans le domaine du mariage, de la tutelle des enfants et de l’héritage. Cela implique la suppression de toutes les dispositions légales relatives à ce domaine des lois arabes et islamiques, y compris le Code de statut personnel arabe unifié approuvé par tous les ministres arabes de la Justice. Ces lois permettent au musulman d’épouser une femme non-musulmane appartenant aux gens du livre, tandis qu’elles interdisent le mariage d’un non-musulman avec une musulmane, et imposent l’islam aux enfants issus d’un mariage mixte, sans laisser la liberté de choix aux parents de l’enfant. Elles privent aussi l’apostat du mariage, de l’héritage et de ses enfants. Ces pays doivent supprimer tous les tribunaux religieux, unifier les lois relatives au statut personnel, et adopter le mariage civil. Ceci afin que ces lois soient conformes au chiffre premier de l’article 16 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. qui dit: «Les hommes et les femmes de l’âge nubile, le droit de se marier et de fonder une famille sans aucune restriction quant à la race, la religion, et ont droit à l’égalité des droits au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.»
4) Établir une loi unifiée pour les lieux de culte permettant à tous la construction de leurs lieux de culte, où qu’ils soient, y compris en Arabie saoudite, et leur permettre de pratiquer leurs cultes. Et supprimer l’interdiction d’entrée à La Mecque et Médine pour les non-musulmans, et supprimer l’interdiction de la naturalisation dans certains pays pour les non-musulmans.
5) Supprimer les dispositions légales qui limitent la liberté individuelle pendant le Ramadan ou dans l’accomplissement de la prière, et punissent ceux qui ne pratiquent pas le jeûne et la prière.
6) Supprimer la mention de la religion dans les documents personnels et dans la fonction publique, y compris la présidence de l’État et les différents ministères.
7) Unifier les cimetières afin d’assurer le droit à un enterrement décent pour tous, quelle que soit leur religion. Or, le système actuel différencie les gens sur la base de la religion et ne garantit pas la dignité humaine pour les apostats.
8) Supprimer toutes les normes islamiques relatives au djihad et les normes annexes telles que l’enlèvement des femmes, celles qui accordent aux gens n’ayant pas de livres sacrés le choix entre l’islam et l’épée et celles relatives au tribut des vaincus (jizya) et autres normes violant les conventions internationales, en particulier les Conventions de Genève relatives à la guerre.
9) Modifier les programmes d’éducation de la maternelle à l’université, et modifier le contenu des médias et des sermons dans les mosquées contraires aux exigences de ce qui précède, et déclarer comme caduques toutes les fatwas contraires à ce qui précède.
Si la Déclaration de Marrakech n’est pas traduite dans ce sens sur le plan législatif, cette déclaration devient de la pure propagande sans aucun sens, et constitue une perte de temps.
Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et auteur de nombreux ouvrages
www.sami-a
ldeeb.com
www.blog.sami-aldeeb.com
Texte arabe de cet article ici
Posted by Aldeeb at 17 h 21 min
De JC Durbant: Déclaration de Marrakech, analyse et commentaires
"
Si les ordres du Guide suprême sont exécutés, avec les capacités et l’équipement dont nous dispo
sons, nous raserons le régime sioniste en moins de huit minutes. Ahmad Karimpour (conseiller senior de l’unité d’élite des Gardiens de la révolution al-Quds)

A l'heure où, entre invasion arabe revendiquée, élection à nouveau qualifiée d'historique du premier maire musulman de la plus grande ville d'Europe, journées du hijab dans nos grandes écoles, interdiction des crèches dans nos mairies et apologie du terrorisme sur tapis rouge à Cannes, la laïcité à sens unique occidentale continue à littéralement dévorer ses enfants ...

Et où de l'autre côté de l'Atlantique, l'on s'extasie devant ces imams qui osent critiquer l'Etat islamique ...

Pendant que fidèles à eux-mêmes les mollahs nous promettent la destruction d'Israël en moins de huit minutes ...

Retour, avec les sites Atlantico et MEMRI, sur la dernière déclaration en date d'un certain nombre de dignitaires islamiques ...

A savoir la fameuse Déclaration de Marrakech de janvier dernier qui après la non moins fameuse fatwa anti-Etat islamique de novembre ...

Est censée rassurer les sociétés occidentales sur le sort des minorités non-islamiques en terre dite islamique ...

Et qui en fait nous ressort, avec la même débauche de citations sélectives des mêmes textes, la bonne vieille rengaine du vrai islam n'a rien à voir à voir avec tout ça ....

Sans jamais vraiment s'attaquer au véritable problème:

L'incontournable fait que les vrais musulmans, qui veulent retourner à la pratique et aux textes originaux non re -contaminés par l'Occident judéo-chrétien, ce sont les djihadistes !

Pourquoi l’aveuglement occidental est la plus grande force de l’islam : illustration avec la "Déclaration de Marrakech"

Alors que de nombreux dignitaires, personnalités, intellectuels et chefs religieux musulmans se sont réunis à Marrakech en janvier dernier pour évoquer le sort réservé aux minorités non-musulmanes, la Déclaration qui s'en est suivie n'est pas pour rassurer les sociétés occidentales sur la compatibilité de l'islam avec leur mode de vie.
Jean Lafontaine
Atlantico
4 Mai 2016

La revivification de l’islam de Mahomet par les groupes dits "islamistes" (bien qu’aucune définition ne soit jamais donnée) pose un problème majeur au monde musulman dans sa relation au monde occidental, celui-ci étant imprégné par des valeurs qu’il pense universelles et qui le conduisent à être relativement attentif au sort des minorités non-musulmanes dans les pays musulmans.

Le traitement terrible appliqué à ces minorités non-musulmanes conformément à un certain nombre de textes sacrés musulmans authentiques a conduit la communauté musulmane à réagir au niveau international par la rédaction en janvier 2016 d’une déclaration, la "Déclaration de Marrakech sur les Droits des Minorités Religieuses dans le Monde Islamique", dont on peut se demander si malheureusement le principal effet tangible n’est pas in fine de dédouaner l’islam de sa responsabilité au regard des horreurs que l’on commet en son nom.

Cette Déclaration est le fruit d’une rencontre organisée conjointement par le ministère des Habous et des Affaires islamiques (Maroc) et le Forum pour la Promotion de la Paix dans les Sociétés Musulmanes (Émirats Arabes Unis), tenue à Marrakech du 25 au 27 janvier 2016. Plus de 300 personnalités, oulémas, intellectuels, ministres, muftis, et chefs religieux musulmans, de différents rites et tendances, s’y sont réunis, ainsi que les représentants des instances et des organisations islamiques et internationales de plus de 120 pays.

En voici le texte :

Il est intéressant d’analyser les arguments que le Collège des oulémas oppose à la doctrine des groupes dits "islamistes" dans la section "Rappel des principes universels et des valeurs fédératrices (ou consensuelles) prônées par l’Islam". Malheureusement, la contrainte de longueur qui m’est imposée dans le cadre de cet article nécessite de limiter certains développements.

Passons sur les arguments d’autorité niant la "légitimité scientifique (intellectuelle) ou politique" des islamistes, le recours à la notion de "science" dans le domaine religieux étant d’ailleurs particulièrement incongru même si l’islam est très friand de prétendues "preuves" qu’il faut apporter pour être "véridique" (cf. la phraséologie musulmane et autres éléments de langage), celles-ci étant naturellement "évidentes", ce qui permet de couper court à toute discussion puisque l’évidence est par nature indiscutable et ne nécessite aucune démonstration.

Passons également sur l’argument de la calomnie qui consiste à accuser sur la base de propos ou de faits imaginaires. Il ne s’agit pas de cela ici puisque l’immense difficulté rencontrée par la communauté musulmane est bien que les textes sur lesquels s’appuient les pratiques criminelles évoquées existent bel et bien, qu’ils sont même tout à fait authentiques et que leur existence est parfaitement reconnue par tous les musulmans qui ont lu leurs propres textes sacrés. Mahomet a-t-il appelé à étendre l’islam par les armes avec le jihad ? Incontestablement. A-t-il exterminé une bonne part des juifs de Médine ? Assurément, à en lire les textes musulmans eux-mêmes. A-t-il appelé à tuer tous les juifs ? Oui, à lire tout simplement certains hadiths dont l’authenticité a été soigneusement validée par les érudits musulmans au terme d’une procédure de vérification longue et détaillée. Etc. Aussi, l’argument récurrent de la "stigmatisation" est une illustration de la méthodologie de la "victimisation" régulièrement utilisée par l’islam dans les pays occidentaux pour évacuer un débat lorsque le contre-argumentaire proposée par la communauté musulmane est notoirement insuffisant.

En remettant au goût du jour l’islam de Mahomet, qui a prôné ouvertement le jihad (combat armé dans le sentier d’Allah) contre les non-musulmans, l’État Islamique et les autres groupes dits "islamistes" appliquent effectivement des méthodes de guerre et un choix de modèle social dont ont à souffrir les minorités non-musulmanes en terre d’islam. Il est néanmoins bon de rappeler que le statut des non-musulmans en terre d’islam n’a jamais été, par sa nature même, particulièrement réjouissant, toute la culture musulmane étant fondée sur un communautarisme strict et sur la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres :

- pour les juifs et les chrétiens (gens du Livre), il s’agit du statut de "dhimmi", qu’on traduit par "protégé" car ceux-ci, sous réserve d’accepter de se soumettre à l’autorité religieuse musulmane qui leur est imposée, voient leur vie préservée moyennant, entre autres, le paiement d’impôts spécifiques (la jizya) destinés au financement de la communauté musulmane : il s’agit clairement d’un statut de citoyen de seconde zone avec des droits inférieurs à ceux accordés aux musulmans ;

- pour les autres non-musulmans, c’est la conversion ou la mort.

D’ailleurs, il a fallu attendre au XXème siècle les traités qui ont suivi la Première Guerre mondiale pour que ce statut disparaisse dans l’empire ottoman sous la pression occidentale.

Le Collège mentionne ensuite un certain nombre de versets à l’appui de son argumentaire : que peut-on en dire ?

  • Les références relatives à la diversité des communautés humaines

Le discours relatif aux hommes en tant que communauté universelle s’inscrit en islam dans le rattachement de tous les hommes à leur créateur, Allah : les hommes sont "honorés" comme étant les créatures d’Allah et supérieures à toutes les autres créatures terrestres. Toutefois, cela n’induit en rien l’idée que toutes les communautés humaines se valent, puisque le Coran dit précisément le contraire : "Vous [les musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre [juifs et chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux, certains croient, mais la plupart d'entre eux sont des pervers." (sourate 3, verset 110). Ou encore : "Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans." (sourate 3 verset 139)

Le Coran se borne en réalité à constater que, dans le monde voulu par Allah, certains hommes sont musulmans et d’autres non. Cela ne correspond absolument pas à une neutralité religieuse qui mettrait au même niveau toutes les religions ou croyances. L’islam est la religion parfaite voulue par Allah (cf. sourate 5, verset 3) ; les musulmans doivent en permanence chercher à étendre l’islam partout où ils le peuvent (d’où la notion de territoire de "guerre", dar-al-harb, territoire non-musulman). L’existence d’un monde mécréant n’est là finalement que pour éprouver la foi du croyant musulman.

Pour résumer, la liberté religieuse en islam n’existe pas ! Ce qui est d’ailleurs amplement démontré par le fait que l’apostasie (abandon de l’islam) est très sévèrement punie conformément à la recommandation de Mahomet (hadith authentique) : "Celui qui change pour une autre la vraie religion [l’islam], qu’on le tue."

Il faut d’ailleurs savoir que le Conseil Français du Culte Musulman, que certains veulent ériger en représentant institutionnel de l’islam de France, refuse toujours aujourd’hui aux musulmans de France la liberté d’apostasier ! Comment peut-on dans ces conditions parler d’une compatibilité de l’islam avec les droits de l’homme tels que l’Occident les conçoit ?

  • "Nulle contrainte en religion" (Al-Baqara, 256)

Cet argument traditionnel exploite la mauvaise connaissance de l’islam par l’Occident : quand les Occidentaux comprendront-ils enfin que ce verset fait partie des versets abrogés par le jihad déclenché par Mahomet ?

Ce verset, précisément situé dans la biographie de Mahomet (Sira d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham du IXème siècle) à l’époque où Mahomet cherchait à convertir les juifs à sa propre religion peu après son installation à Médine, correspond à la période où Mahomet faisait preuve de tolérance pour des raisons de stricte tactique politique. Ce n’est qu’après avoir constaté l’impossibilité de convertir les juifs qu’il a décidé de s’en débarrasser, jusqu’à les exterminer.

Le jihad (une multitude de versets y renvoie comme le verset 193 de la sourate 2, le verset 29 de la sourate 9, etc.) a mis fin à la tolérance vis-à-vis des non-musulmans ce qui explique qu’il n’y a en réalité pas de contradiction dans le Coran. Tout cela est très clair et très simple, et tous les imams le savent.

Ce qui n’empêche toutefois pas la cécité occidentale de continuer à être abondamment exploitée, notamment en raison du fait que pour un esprit occidental, souvent imprégné (consciemment ou inconsciemment) par le christianisme (ou par le bouddhisme), un propos religieux sacré a forcément une valeur intemporelle et universelle : ce qui est une profonde erreur dans le cas de l’islam compte tenu de la règle de l’abrogation (cf. sourate 13, verset 39 ou sourate 16, verset 101).

  • vous qui croyez ! Entrez tous dans la paix" (Al-Baqara, 208)

Si l’on met de côté la question du jihad –ce qui est déjà notoirement problématique–, on peut émettre l’idée que la paix serait la devise de l’islam mais seulement au sens où celui qui croit est en principe sur le bon chemin pour acquérir cette paix (le salut par l’islam). Or dire cela ne dit rien sur le sort des incrédules (ou mécréants) : l’invitation à "entrer dans la paix" ne s’adresse qu’à ceux qui croient, c’est-à-dire aux musulmans. À l’inverse, les incrédules sont voués par une multitude de versets du Coran au châtiment de la fournaise, à la Géhenne, dans des conditions épouvantables (par ex. le verset 88 de la sourate 16 : "Ceux qui ne croient pas et obstruent le chemin vers Allah, Nous leur infligerons châtiment sur châtiment en punition de la corruption qu'ils sèment sur terre."). La paix musulmane n’a donc pas grand-chose à voir avec la paix universelle qu’on peut souhaiter à tous, croyants ou mécréants.

Le Collège mentionne ensuite un certain nombre de versets à l’appui de son argumentaire : que peut-on en dire ?

  • Les références relatives à la diversité des communautés humaines

Le discours relatif aux hommes en tant que communauté universelle s’inscrit en islam dans le rattachement de tous les hommes à leur créateur, Allah : les hommes sont "honorés" comme étant les créatures d’Allah et supérieures à toutes les autres créatures terrestres. Toutefois, cela n’induit en rien l’idée que toutes les communautés humaines se valent, puisque le Coran dit précisément le contraire : "Vous [les musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre [juifs et chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux, certains croient, mais la plupart d'entre eux sont des pervers." (sourate 3, verset 110). Ou encore : "Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans." (sourate 3 verset 139)

Le Coran se borne en réalité à constater que, dans le monde voulu par Allah, certains hommes sont musulmans et d’autres non. Cela ne correspond absolument pas à une neutralité religieuse qui mettrait au même niveau toutes les religions ou croyances. L’islam est la religion parfaite voulue par Allah (cf. sourate 5, verset 3) ; les musulmans doivent en permanence chercher à étendre l’islam partout où ils le peuvent (d’où la notion de territoire de "guerre", dar-al-harb, territoire non-musulman). L’existence d’un monde mécréant n’est là finalement que pour éprouver la foi du croyant musulman.

Pour résumer, la liberté religieuse en islam n’existe pas ! Ce qui est d’ailleurs amplement démontré par le fait que l’apostasie (abandon de l’islam) est très sévèrement punie conformément à la recommandation de Mahomet (hadith authentique) : "Celui qui change pour une autre la vraie religion [l’islam], qu’on le tue."

Il faut d’ailleurs savoir que le Conseil Français du Culte Musulman, que certains veulent ériger en représentant institutionnel de l’islam de France, refuse toujours aujourd’hui aux musulmans de France la liberté d’apostasier ! Comment peut-on dans ces conditions parler d’une compatibilité de l’islam avec les droits de l’homme tels que l’Occident les conçoit ?

  • "Nulle contrainte en religion" (Al-Baqara, 256)

Cet argument traditionnel exploite la mauvaise connaissance de l’islam par l’Occident : quand les Occidentaux comprendront-ils enfin que ce verset fait partie des versets abrogés par le jihad déclenché par Mahomet ?

Ce verset, précisément situé dans la biographie de Mahomet (Sira d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham du IXème siècle) à l’époque où Mahomet cherchait à convertir les juifs à sa propre religion peu après son installation à Médine, correspond à la période où Mahomet faisait preuve de tolérance pour des raisons de stricte tactique politique. Ce n’est qu’après avoir constaté l’impossibilité de convertir les juifs qu’il a décidé de s’en débarrasser, jusqu’à les exterminer.

Le jihad (une multitude de versets y renvoie comme le verset 193 de la sourate 2, le verset 29 de la sourate 9, etc.) a mis fin à la tolérance vis-à-vis des non-musulmans ce qui explique qu’il n’y a en réalité pas de contradiction dans le Coran. Tout cela est très clair et très simple, et tous les imams le savent.

Ce qui n’empêche toutefois pas la cécité occidentale de continuer à être abondamment exploitée, notamment en raison du fait que pour un esprit occidental, souvent imprégné (consciemment ou inconsciemment) par le christianisme (ou par le bouddhisme), un propos religieux sacré a forcément une valeur intemporelle et universelle : ce qui est une profonde erreur dans le cas de l’islam compte tenu de la règle de l’abrogation (cf. sourate 13, verset 39 ou sourate 16, verset 101).

  • vous qui croyez ! Entrez tous dans la paix" (Al-Baqara, 208)

Si l’on met de côté la question du jihad –ce qui est déjà notoirement problématique–, on peut émettre l’idée que la paix serait la devise de l’islam mais seulement au sens où celui qui croit est en principe sur le bon chemin pour acquérir cette paix (le salut par l’islam). Or dire cela ne dit rien sur le sort des incrédules (ou mécréants) : l’invitation à "entrer dans la paix" ne s’adresse qu’à ceux qui croient, c’est-à-dire aux musulmans. À l’inverse, les incrédules sont voués par une multitude de versets du Coran au châtiment de la fournaise, à la Géhenne, dans des conditions épouvantables (par ex. le verset 88 de la sourate 16 : "Ceux qui ne croient pas et obstruent le chemin vers Allah, Nous leur infligerons châtiment sur châtiment en punition de la corruption qu'ils sèment sur terre."). La paix musulmane n’a donc pas grand-chose à voir avec la paix universelle qu’on peut souhaiter à tous, croyants ou mécréants.

Voir aussi:

Déclaration de Marrakech : Un pas vers une solution ou vers plus de confusion ?

Alberto M. Fernandez *

A force d'entendre dire :" l'islam c'est pas ça", je crois que ce texte vous donnera la réponse.

Commentaire de Sami Aldeeb

Si les signataires de cette déclaration étaient sincères dans leurs intentions, ils devraient traduire cette déclaration au niveau législatif comme suit:
1) Supprimer les articles constitutionnels qui font de l’islam la religion d’État. L’État est une institution administrative qui gère les affaires des gens sur la base de la citoyenneté et non pas sur la base de la religion. L’État ne peut avoir de religion: il ne prononce pas l’attestation de la foi, il ne prie pas, il ne jeûne pas, il ne paie pas la zakat, et il ne fait pas le pèlerinage. Ces cinq piliers de l’Islam ne sont accomplis que par des individus. Considérer l’Islam comme religion d’État signifie que l’islam a la priorité sur les autres religions, et que les adeptes de l’islam ont plus de droit que les adeptes des autres religions.
2) Supprimer toutes les dispositions légales qui établissent une distinction entre les musulmans et les non-musulmans dans le domaine de la liberté religieuse et de la liberté d’expression. Cela implique la suppression de tous les articles relatifs à l’apostasie dans les lois arabes et islamiques, y compris le Code pénal arabe unifié approuvé par tous les ministres arabes de la justice. Ce Code pénal publié sur le site Internet de la Ligue arabe doit être modifié et rendu conforme à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui dit: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.» Dans le même temps, il faut déclarer caduques toutes les fatwas émises par des organisations islamiques concernant l’apostasie. Il faut aussi supprimer toutes les dispositions légales qui empêchent l’entrée des livres religieux non islamiques dans certains pays, et empêchent le prosélytisme pour une autre religion que l’islam.
3) Supprimer toutes les dispositions légales qui établissent une distinction entre les musulmans et non-musulmans dans le domaine du mariage, de la tutelle des enfants et de l’héritage. Cela implique la suppression de toutes les dispositions légales relatives à ce domaine des lois arabes et islamiques, y compris le Code de statut personnel arabe unifié approuvé par tous les ministres arabes de la Justice. Ces lois permettent au musulman d’épouser une femme non-musulmane appartenant aux gens du livre, tandis qu’elles interdisent le mariage d’un non-musulman avec une musulmane, et imposent l’islam aux enfants issus d’un mariage mixte, sans laisser la liberté de choix aux parents de l’enfant. Elles privent aussi l’apostat du mariage, de l’héritage et de ses enfants. Ces pays doivent supprimer tous les tribunaux religieux, unifier les lois relatives au statut personnel, et adopter le mariage civil. Ceci afin que ces lois soient conformes au chiffre premier de l’article 16 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. qui dit: «Les hommes et les femmes de l’âge nubile, le droit de se marier et de fonder une famille sans aucune restriction quant à la race, la religion, et ont droit à l’égalité des droits au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.»
4) Établir une loi unifiée pour les lieux de culte permettant à tous la construction de leurs lieux de culte, où qu’ils soient, y compris en Arabie saoudite, et leur permettre de pratiquer leurs cultes. Et supprimer l’interdiction d’entrée à La Mecque et Médine pour les non-musulmans, et supprimer l’interdiction de la naturalisation dans certains pays pour les non-musulmans.
5) Supprimer les dispositions légales qui limitent la liberté individuelle pendant le Ramadan ou dans l’accomplissement de la prière, et punissent ceux qui ne pratiquent pas le jeûne et la prière.
6) Supprimer la mention de la religion dans les documents personnels et dans la fonction publique, y compris la présidence de l’État et les différents ministères.
7) Unifier les cimetières afin d’assurer le droit à un enterrement décent pour tous, quelle que soit leur religion. Or, le système actuel différencie les gens sur la base de la religion et ne garantit pas la dignité humaine pour les apostats.
8) Supprimer toutes les normes islamiques relatives au djihad et les normes annexes telles que l’enlèvement des femmes, celles qui accordent aux gens n’ayant pas de livres sacrés le choix entre l’islam et l’épée et celles relatives au tribut des vaincus (jizya) et autres normes violant les conventions internationales, en particulier les Conventions de Genève relatives à la guerre.
9) Modifier les programmes d’éducation de la maternelle à l’université, et modifier le contenu des médias et des sermons dans les mosquées contraires aux exigences de ce qui précède, et déclarer comme caduques toutes les fatwas contraires à ce qui précède.
Si la Déclaration de Marrakech n’est pas traduite dans ce sens sur le plan législatif, cette déclaration devient de la pure propagande sans aucun sens, et constitue une perte de temps.
Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et auteur de nombreux ouvrages
www.
sami-aldeeb.com
www.blog.sami-aldeeb.com
Texte arabe de cet article ici
Posted by Aldeeb at 17 h 21 min
7 Responses to “Déclaration de Marrakech: La montagne accouche d’une souris”
  1. Déclaration de Marrakech: La montagne accouche d’une souris – Savoir ou se faire avoir | Sentinelle-Résistante says:

    28 janvier 2016 at 18 h 36 min

    […] Source : Déclaration de Marrakech: La montagne accouche d’une souris – Savoir ou se faire avoir […]

  2. Juvénal says:

    29 janvier 2016 at 15 h 16 min

    Qui sont les signataires ?
    Quels sont les Etats éventuellement engagés par ce texte ?
    Est-ce une déclaration angélique à usage des kufars naïfs ou est-elle contraignante et en quoi et pour qui ?

    Répondre

  3. Déclaration de Marrakech: La montagne accouche d’une souris says:

    30 janvier 2016 at 10 h 19 min

    […] Source […]

  4. Des oulémas s’engagent pour « l’égalité religieuse » | Dreuz.info says:

    31 janvier 2016 at 7 h 30 min

    […] Cette docte assemblée a-t-elle, comme l’affirme le spécialiste du droit arabe Sami Aldeeb, «accouché d’une souris» ou est-elle porteuse d’une pointe d’espoir […]

  5. Marrakesh Declaration: The mountain gives birth to a mouse – Savoir ou se faire avoir says:

    31 janvier 2016 at 14 h 15 min

    […] many books http://www.sami-aldeeb.com http://www.blog.sami-aldeeb.com This article is available in Arabic and in French with the full text of Marrakesh Declaration […]

  6. Des oulémas veulent instaurer l’égalité entre religions – Savoir ou se faire avoir says:

    31 janvier 2016 at 18 h 43 min

    […] Cette docte assemblée a-t-elle, comme l’affirme le spécialiste du droit arabe Sami Aldeeb, «accouché d’une souris» ou est-elle porteuse d’une pointe […]

  7. Une déclaration historique à Marrakech en faveur du pluralisme religieux en terre d’islam | Reli-infos says:

    7 février 2016 at 18 h 58 min

    […] de http://www.blog.sami-aldeeb.com/2016/01/28/declaration-de-marrakech-la-montagne-accouche-dune-souris…; Texte arabe de cet article […]

MEMRI
16 février 2016
Du 25 au 27 janvier 2016, plusieurs centaines de chefs religieux musulmans du monde entier et cinquante observateurs non musulmans se sont réunis dans la magnifique ville de Marrakech, sous le patronage du roi du Maroc, pour débattre et promouvoir la « Déclaration de Marrakech » sur les « Droits des minorités religieuses dans les pays à majorité musulmane ».
Marrakech, lieu populaire pour les déclarations et les accords, a été le site d’autres déclarations sur des sujets tels que la prévention de la corruption et la lutte contre le trafic illégal de la faune et la flore sauvages. Elle a aussi été le site d’une autre conférence internationale défendant la tolérance religieuse au Moyen-Orient, en novembre 2011. [1]
Même si elle s’est tenue sous les auspices du Maroc, la réunion de janvier 2016 était organisée en réalité par le « Forum de promotion de la paix dans les sociétés musulmanes », basé à Abou Dhabi. Ce forum est l’un des projets dirigés par le cheikh d’origine mauritanienne Abdallah Bin Bayyah. [2] L’objectif très louable du forum est de développer « une vision à long terme pour éradiquer le narratif extrémiste en utilisant le Narratif primaire qui aspire à s’imposer par un retour aux sources de l’islam, fondées sur la promotion de la paix et de la compassion humaine ». [3]
S’il fait partie du courant dominant de l’establishment musulman au Moyen-Orient, Bin Bayyah est une figure quelque peu controversée aux Etats-Unis, en particulier du fait de ses relations anciennes avec des organisations et des causes islamistes défendues par cheikh Yousouf Al-Qaradawi. [4] Le soutien ardent de Qaradawi aux Frères musulmans, notamment ces dernières années, composait avec un antisémitisme professé ouvertement [5], ce que ce religieux soutenu par le Qatar a toujours rejeté. [6]
Bin Bayyah a rompu tout lien avec l’Union internationale des savants musulmans (UISM) de Qaradawi en 2013. Il a été cité par le président [américain Barack] Obama lors d’un discours à l’ONU en 2014 comme un modèle à suivre contre l’extrémisme. [7] Sa fatwa contre l’Etat islamique a également été citée comme un document à diffuser par le centre médiatique de contre-terrorisme fondé en juillet 2015 par les Etats-Unis et les Emirats arabes unis. [8]
Pour tout vous dire, j’ai rencontré une fois cheikh Bin Bayyah à Washington D.C., alors que je travaillais pour le Département d’Etat. C’est un gentleman très courtois, tout à fait conforme à l’image des religieux musulmans haut placés que l’on rencontre fréquemment dans le monde arabe. A cette occasion, il a été stupéfait de constater qu’au cours des nombreux rendez-vous qu’il a eus dans la soirée, parmi de nombreux visiteurs musulmans américains d’origine sud-asiatique, les deux seuls visiteurs qui se sont entretenus avec lui en arabe étaient tous deux non musulmans : moi-même et un chrétien arabo-américain, qui était lui aussi un représentant du gouvernement.
Le cheikh âgé a également joué un rôle essentiel dans la Déclaration de New Mardin en 2010, qui visait à aborder l’un des principaux piliers du mouvement djihadiste salafiste tafkiri, les fatwas d’Ibn Taymiyya au 14e siècle. La condamnation par Ibn Taymiyya, religieux très virulent de l’école hanbalite, des mongols ilkhanides semi-islamisés comme ne valant pas mieux que les infidèles [kouffar] a posé les fondements qui ont permis aux extrémistes tafkiris du 20e siècle et au-delà de déclarer que tout musulman qui ne partage pas leurs opinions est un infidèle méritant la mort. Ibn Taymiyya était aussi une source intellectuelle d’antichiisme virulent, adoptée par les partisans modernes de ce qui allait devenir l’Etat islamique. [9]
Si la Conférence sur la Déclaration de New Mardin a été critiquée pour son organisation déficiente et son manque de rigueur intellectuelle, il n’est pas étonnant que sa révision des écrits d’Ibn Taymiyya ait suscité une réaction amère, en arabe, de la part de religieux pro-Al-Qaïda comme Akram Hijzai et Hamd Al-Ali. [10] S’il semble qu’elle n’ait pas vraiment entravé l’ascension du terrorisme djihadiste salafiste, la conférence a toutefois généré profusion de couvertures médiatiques positives en Occident, notamment grâce à l’étudiant médiagénique de Bin Bayyah, le converti américain Hamza Youssouf Hanson. [11]
A de nombreux égards, Marrakech est une répétition de Mardin à plus grande échelle, cherchant à « utiliser les textes musulmans laïcs pour réfuter les arguments religieux actuels des groupes islamistes ». [12] Dans le cas de Marrakech 2016, le document en question est celui intitulé « Charte de Médine », prétendument rédigé par le prophète Mahomet pour les habitants musulmans et juifs de la ville. [13] Les organisateurs de la conférence ont reconnu avec franchise que leur but était « de faire revivre les desseins et objectifs de la Charte de Médine, en tenant compte des traités internationaux et en utilisant des études de cas novatrices et éclairées qui constituent de bons exemples d’efforts tournés vers le pluralisme ». [14]
Certes, le sujet de la protection des droits des minorités religieuses dans les pays à majorité musulmane ne pouvait tomber à un meilleur moment. La montée de l’Etat islamique depuis 2014, et notamment son traitement des minorités yézidies et chrétiennes en Irak et en Syrie, et en Libye par la branche locale de l’EI, ont placé cette question sur le devant de l’actualité internationale. [15] De telles actions de l’Etat islamique ont directement contribué à développer des sentiments de colère à l’encontre de la diaspora musulmane en Occident.
Mais l’EI utilise un discours islamiste bien plus large, fondé sur une lecture sélective des textes sacrés de l’islam, appelant à la violence contre les minorités religieuses, notamment les chrétiens, qui remonte à plusieurs décennies. [16] Cette toile de fond est bien présente à l’esprit des rédacteurs de la Déclaration de Marrakech, qui ont observé [sans toutefois mentionner l’EI, Al-Qaïda ou le salafisme] que la situation au Moyen-Orient « avait permis à des groupes criminels de rendre des édits attribués à l’islam, qui constituaient en fait une distorsion de ses principes et objectifs fondamentaux, de telle sorte que la population dans son ensemble avait été gravement atteinte ». [17]
Si Bin Bayyah est actif sur ce front depuis des années, la conférence peut aussi être largement considérée comme faisant partie d’une série d’initiatives soutenues ou financées par les EAU, pour lutter contre l’extrémisme islamiste. Cela inclut le Centre Sawab et le Centre d’excellence Hedayah CVE, l’action contre les Frères musulmans et leurs partisans, et les lois contre les crimes et la discrimination raciste. [18] Marrakech 2016 s’inscrit aussi clairement dans la suite de la campagne de sensibilisation des chrétiens de 2007 « A Common Word », également signée par Bin Bayyah. [19]
Et si les Emirats arabes unis ont été en première ligne du combat contre l’extrémisme islamiste, le Royaume du Maroc n’est pas loin derrière et a également attiré les foudres de l’Etat islamique. Une campagne vidéo de janvier 2016 contre les gouvernements d’Afrique du Nord incluait une attaque longue et cinglante contre l’islam marocain traditionnellement tolérant, mentionnant les « 100 000 sanctuaires polythéistes » que l’EI a l’intention de détruire. Les attaques contre les soufis marocains sont presque aussi importantes que celles dirigées contre le gouvernement marocain. [20]
La Déclaration stipule clairement qu’il « est inconcevable d’employer la religion dans le but de restreindre les droits des minorités religieuses dans les pays musulmans ». L’une de ses faiblesses, toutefois, est qu’elle ne comporte pas de mesures concrètes [et immédiates] à prendre. Il y a bien un appel potentiellement significatif aux érudits musulmans pour qu’ils adoptent une nouvelle jurisprudence, qui intègre un concept de citoyenneté pluraliste et tolérant. Il y a une demande de révision des programmes scolaires d’éliminer les contenus défendant l’extrémisme. Il y a les appels habituels aux dirigeants politiques et « éduqués, artistiques et créatifs » pour renforcer la compréhension religieuse et le respect des droits des minorités.
Un paragraphe intéressant, bien que controversé et peu réaliste, semble blâmer les victimes ou appeler à revenir à un passé idéalisé et complexe depuis longtemps disparu, en demandant aux « différents groupes religieux liés par le même tissu national de remédier à leur état d’amnésie mutuelle sélective qui occulte les souvenirs d’une existence commune et partagée sur la même terre ; nous les appelons à reconstruire le passé en faisant revivre cette tradition de convivialité ».
On peut se demander quelle partie de ces siècles partagés de « convivialité partagée » doivent être retrouvés. L’histoire des minorités religieuses sous domination musulmane est incroyablement complexe et diverse. Et si elle peut être – en certains lieux et époques spécifiques – comparée favorablement à la domination chrétienne des minorités religieuses en Occident, elle comprend aussi sa part de brutalité et de massacres hideux. Les minorités étaient parfois favorisées en tant que groupes, ou faisaient l’objet d’une oppression sauvage [comme les Juifs étaient traités par les souverains chrétiens occidentaux pendant des siècles], selon les caprices passagers ou le zèle accru du calife ou du sultan au pouvoir.[21] Ce paragraphe comporte pour le moins une bouffée d’évocation joyeuse des Ahl al-Dhimmah, ou de nostalgie pour le statut des minorités religieuses sous domination musulmane.[22]
Le texte de la Déclaration de Marrakech 2016, publié en anglais le 27 janvier [le 30 janvier, il n’existait apparemment pas de version en arabe ni de vidéos de l’assemblée à la disposition du public] a été très vite salué par le pasteur texan Bob Robert, qui l’a qualifié de « première étape considérable » et a fait remarquer avec enthousiasme, mais de manière inexacte, qu’il n’y « avait pas eu de telle déclaration depuis la Charte de Médine du prophète Mahomet, c’est pourquoi elle est tellement importante ».[23] Le Cardinal à la retraite de l’église catholique romaine Theodore E. McCarrick, ancien archevêque de Washington D.C., s’est exprimé devant les observateurs interconfessionnels présents :
« J’ai eu le privilège d’entendre la déclaration de notre réunion finale. C’est vraiment un document exceptionnel, qui aura une influence sur notre époque et sur l’Histoire. C’est un document que notre monde a attendu, qui fait honneur aux érudits musulmans qui l’ont élaboré. En tant que membre d’un des peuples du Livre, je vous remercie pour ce document et je remercie le Seigneur qui a donné à ses fidèles le courage de le préparer. Je serai honoré de le soutenir en tant qu’observateur. » [24]
Les personnes plus proches de la vie active au Moyen-Orient ont réagi de manière plus optimiste. Bien qu’il n’ait pu assister en personne à la conférence, le patriarche catholique chaldéen de Bagdad, Louis Sako, a offert une vision plus concrète, immédiate et terre-à-terre de la vie dans les régions d’Irak contrôlées par le gouvernement, dans une déclaration diffusée lors de la conférence, citant [sans évoquer les déprédations bien connues de l’EI] :
« Le refus des entrepreneurs musulmans de construire des maisons, des monastères, etc. pour les chrétiens, qu’ils considèrent comme des infidèles ; le collage d’affiches, y compris dans les lieux publics, demandant aux filles chrétiennes de porter le voile, à l’exemple de Marie ; un juge de Bagdad ayant renvoyé un chrétien du tribunal sous prétexte que les chrétiens ne peuvent témoigner devant les tribunaux irakiens ; et des milices à Bagdad ayant confisqué des maisons, des terres et d’autres biens appartenant à des chrétiens. » [25]
D’autres observateurs ont noté la présence encourageante de chrétiens syriens et irakiens, d’un yézidi et d’un druze, mais aussi la « difficulté de soutenir » les assertions des représentants saoudien et pakistanais déniant toute discrimination religieuse dans leurs pays respectifs. [26] Présent également, le rabbin orthodoxe David Rosen, membre du conseil d’administration du Centre de dialogue international du Roi Abdallah (KAICIID).[27]
Un autre expert catholique du Moyen-Orient, le frère Jean Druel, s’est demandé « ce qui se passerait lorsque quelqu’un violera cette charte ? », tout en louant la tentative de réinterpréter la Charte de Médine dans un contexte contemporain et observant que cette tentative déplairait aux salafistes. [28]
Il s’agit là d’un travers essentiel de la présente Déclaration. Comment un document plus connu pour son existence sur le papier et que comme modèle pratique pourrait-il servir de contrepoids moderne à l’extrémisme ? Les salafistes djihadistes se réfèrent de la même façon aux documents fondateurs et formateurs de l’islam et y trouvent d’abondantes justifications à leur extrémisme et leur violence, prêtes à être sélectionnées et appliquées au monde contemporain.
L’EI traite délibérément les minorités selon le modèle des débuts de l’islam, s’inspirant du « Pacte d’Omar » aux conséquences historiques bien plus importantes, conclu avec les populations chrétiennes conquises.[29] Certains érudits ont même émis des doutes sur l’authenticité de la Charte de Médine, suggérant qu’il pourrait s’agir d’une compilation de deux documents et contestant notamment les parties qui mentionnent le traitement des Juifs de Médine, à savoir la partie de la Charte qui lui confère sa dimension interreligieuse. Ils font observer que les Juifs de Médine n’ont pas été traités comme des tribus individuelles, mais comme des associés des tribus arabes. De fait, les trois tribus juives ne sont même pas mentionnées par leur nom.[30]
La Charte de Médine étant traditionnellement datée de l’an 622 de notre ère, il vaudrait la peine d’observer comment les minorités religieuses étaient traitées à son époque contemporaine présumée, sous la domination de Mahomet. Les documents historiques tels quels ne sont pas encourageants. Le sort des tribus juives de Médine est un récit bien conté, que l’on trouve encore dans de nombreux manuels scolaires arabes. Les Banu Nadir et les Banu Qaynuqa ont été expulsés massivement pour avoir violé les termes de leur « contrat » deux ans après [l’adoption de] la Charte de Médine. De manière peu étonnante, l’un des éléments de la Charte et du traitement des Banu Qaynuqa et des Banu Nadir correspond au concept de responsabilité/punition collective rencontré fréquemment dans le discours islamiste ordinaire jusqu’à ce jour.[31]
La liquidation de la troisième tribu juive, les Banu Qurayza, est une autre histoire fameuse, que l’on trouve dans les manuels scolaires de CM2 de l’EI. [32] Cette tribu a été accusée de rébellion après la Bataille de la Tranchée (en l’an 627 – cinq ans après la Charte de Médine) et fut autorisée à choisir un médiateur au sein d’une tribu musulmane arabe traditionnellement alliée des Banu Qurayza. Ce médiateur, Saad Ibn Muadh, homme très apprécié du prophète Mahomet, a décrété que tous les hommes de cette tribu juive devaient être décapités et les femmes et les enfants vendus comme esclaves.
L’extermination de cette tribu a été effectivement citée par l’EI comme modèle pour le massacre d’une tribu musulmane sunnite arabe syrienne en 2004.[33] Preuve de la puissance du souvenir de ces événements, la décision de Saad Ibn Muadh concernant les Banu Qurayza il y a 14 siècles a été récemment citée, il y a quelques mois à Gaza, comme modèle pour en finir avec les Juifs au cours de « l’Intifada des couteaux ».[34] Le prédicateur salafiste américain Yasir Qadhi a également utilisé en 2013 la peine de mort prononcée par Ibn Muadh comme un enseignement positif sur les principes de leadership.[35]
Il est aisé de trouver dans le passé une laideur similaire à de nombreuses traditions religieuses, et nous ne parlons pas tant ici de l’histoire elle-même, mais de perceptions très largement partagées sur l’histoire. Mais un narratif peut-il se fonder sur la nature prétendument tolérante de la Charte de Médine, tout en s’écartant du traitement punitif supposé des Juifs de Médine ? Des visions ressuscitées d’une « convivialité traditionnelle » peuvent-elles être ainsi défendues, lorsque l’on voit la manière dont les djihadistes utilisent tant les textes islamiques attestés que leur lecture sélective des événements pour justifier leur violence ?
Au regard du renforcement de l’intolérance alimentée par l’islamisme dans de nombreux pays à majorité musulmane, tout appel à la tolérance et à un meilleur traitement des minorités religieuses doit être accueilli de manière positive sans la moindre ambiguïté. En dépit de l’absence des mots « égalité » et droits « individuels » dans la Déclaration de Marrakech de 2016, c’est un pas dans la bonne direction. Difficile de croire, cependant, en l’absence de toute acceptation par les Etats musulmans [y compris certains, comme l’ont affirmé les représentants anonymes de l’Arabie saoudite et du Pakistan, qui ont déjà soutenu qu’ils ne pratiquaient aucune discrimination] que ces mots auront des conséquences immédiates.
Si la réforme des programmes scolaires et la reformulation du fiqh [jurisprudence] sont des objectifs louables, leur importance est relative comparée à l’urgence immédiate que constituent la communauté yézidie martyrisée et dépossédée, la communauté chrétienne de Mossoul dévalisée sous la menace des armes de tous ses biens et les anciennes communautés de la région contraintes de quitter un Moyen-Orient où elles n’ont plus d’avenir, privées de stabilité économique et de sécurité personnelle. [36] Une fois que les manuels scolaires auront finalement été purgés et que la jurisprudence sera rénovée, que restera-t-il de ces communautés encore vivantes ?
En outre, comment de telles conférences, repues de figures compromises, souvent issues des élites de régimes discrédités, peuvent-elles influer sur le discours de la population, en particulier celui de la jeunesse déjà aliénée ? Les déclarations du clergé islamique établi et des gouvernements au cours des dernières décennies ont déjà échoué à empêcher l’émergence d’Al-Qaïda et de l’EI, et l’ascension quasiment inexorable de différents types d’islamisme. La solution évidente n’est-elle pas la défense de codes civils et d’Etats laïcs ? [37]
Si le recours à la Charte de Médine comme outil pour combattre les islamistes sur leur propre terrain est un concept intéressant et audacieux, il semble insuffisant. Au bout du compte, l’inspiration tirée d’une version idéalisée de l’histoire islamique ne remplacera pas les droits individuels et le recours à la loi pour pleinement garantir ces droits. Si une « constitution » vieille de 1 400 ans qui semble n’avoir jamais été vraiment appliquée aide à garantir ces droits et cette application de la loi, cela serait excellent.
Sinon, la Déclaration de Marrakech de 2016 rejoindra de nombreuses déclarations bienveillantes, pleines de bonnes intentions, qui ont fait quelques gros titres gentils et éphémères chez les personnes enthousiastes mais mal informées, rien de plus. On ne peut qu’espérer que les organisateurs et les Etats qui soutiennent et encouragent de telles initiatives les transforment rapidement en une politique publique véritable, dans une région qui semble renoncer à tous les droits de ses habitants, et des membres des minorités en particulier.
* Alberto M. Fernandez est le vice-président de MEMRI.
Notes :
[1] Religionsforpeace.org/publications/marrakech-declarationn.
[2] « Why American Needs To Know This Man », Souheila Al-Jadda and Amina Chaudary, The Islamic Monthly, 4 mars 2014.
[3] Marrakeshdeclaration.org/organizers.html
[4] « Exclusive: Banned Cleric’s Outspoken Deputy Visits White House », Steven Emerson et John Rossomando, IPT News, 26 juin 2013.
[5] Youtube.com/watch?v=HStliOnVl6Q, 10 février 2009.
[6] Youtube.com/watch?v=il5xam68ams, 29 décembre 2010.
[7] « Prominent Muslim Sheikh Issues Fatwa Against ISIS Violence », Dina Temple-Raston, NPR, 25 septembre 2014.
[8] http://www.thenational.ae/world/middle-east/abu-dhabi-counter-terrorism-centre-to-battle-isils-online-lies#page2
[9] « Zarqawi’s Anti-Shi’a Legacy: Original or Borrowed? », Nibras Kazimi, Hudson Institute, 1er novembre 2006.
[10] « Ibn Taymiyya’s ‘New Mardin Fatwa’. Is genetically modified Islam (GMI) carcinogenic? », Yahya Michot, Hartford Seminary, 2011.
[11] « Ibn Taymiyya’s ‘New Mardin Fatwa’. Is genetically modified Islam (GMI) carcinogenic? », Yahya Michot, Hartford Seminary, 2011.
[12] « Muslim scholars recast jihadists’ favourite fatwa », Tom Heneghan, Reuters, 31 mars 2010.
[13] Constitution.org/cons/medina/con_medina.htm
[14] Marrakeshdeclaration.org/about.html
[15] « The ISIS Caliphate and the Churches », Alberto M. Fernandez, The Middle East Media Research Institute, 27 août 2015.
[16] Kepel, Gilles, Muslim Extremism in Egypt, the Prophet and the Pharaoh. London: Al-Saqi Books, 1985.
[17] Marrakeshdeclaration.org/marrakesh-declaration.html
[18] « New UAE law: 10 years’ jail for hate crimes and discrimination », Gulf News, 20 juillet 2015.
[19] Acommonword.com
[20] « ISIS Launches Campaign Urging North African Muslims, Al-Qaeda Members To Join Its Rank, Target Local Governments », MEMRI Jihad and Terrorism Threat Monitor Project, 21 janvier 2016.
[21] An-Na’im, Abdullahi A. « Religious Minorities under Islamic Law and the Limits of Cultural Relativism, » Human Rights Quarterly. Vol. 9, No. 1, Février 1987, pp. 1-18.
[22] Youtube.com/watch?v=RN4x8TvK8Xw, 13 juin 2014.
[23] « A Muslim Declaration on Religious Minorities: An Interview w/ Pastor Bob Roberts in Marrakesh, Morocco », Ed Stetzer, Christianity Today, 28 janvier 2016.
[24] « Muslim leaders reiterate support for minority rights in Islamic nations », Catholic News Service, 27 janvier 2016.
[25] « Chaldean patriarch details acts of discrimination against Christians », Catholic News Service, 28 janvier 2016.
[26] « La déclaration de Marrakech, un texte qui fera date pour les minorités religieuses? », Loup Besmond De Senneville et Anne Bénédicte, La Croix, 29 janvier 2016.
[27] « ‘Move Beyond Discussion to Implementation’: KAICIID SG Urges Audiences at Conference on the Rights of Religious Minorities », PR Newswire, 28 janvier 2016.
[28] « La déclaration de Marrakech, un texte qui fera date pour les minorités religieuses? », Loup Besmond De Senneville et Anne Bénédicte, La Croix, 29 janvier 2016.
[29] « Medieval Sourcebook: Pact of Umar, 7th Century? », Paul Halsall, Forham University, janvier 1996.
[30] « Reflections On The ‘Constitution Of Medina’: An Essay On Methodology And Ideology In Islamic Legal History », Anver Emon, UCLA Journal of Islamic & Near Eastern Law, Printemps/Eté 2002.
[31] Youtube.com/watch?v=ya3mVKODSyQ, 1er février 2011.
[32] Twitter.com/VPAFernandez, 29 octobre 2015.
[33] « Massacre And Media: ISIS And The Case Of The Sunni Arab Shaitat Tribe », Alberto M. Fernandez, The Middle East Media Research Institute, 23 juin 2015.
[34] « Rafah Cleric Brandishes Knife in Friday Sermon, Calls upon Palestinians to Stab Jews, » MEMRI TV Clip #5098, 9 octobre 2015.
[35] Youtube.com/watch?v=UZE1N56fswY, 11 juin 2013.
[36] « Is This the End of Christianity in the Middle East? », Eliza Griswald, The New York Times, 22 juillet 2015.
[37] « Former Iraqi MP Sayyed Ayad Jamal Al-Din in a TV Debate about Separation of Religion and State: The Combination of the Koran and the Sword Is More Dangerous tan Nuclear Technology », The Middle East Media Research Institute, 28 novembre 2010
Voir encore:
Muslim Leaders Wage Theological Battle, Stoking ISIS’ Anger
Laurie Goodstein
The New York Times
May 8, 2016
As the military and political battle against the Islamic State escalates, Muslim imams and scholars in the West are fighting on another front — through theology.
Imam Suhaib Webb, a Muslim leader in Washington, has held live monthly video chats to refute the religious claims of the Islamic State, also known as ISIS or ISIL. In a dig at the extremists, he broadcast from ice cream parlors and called his talks “ISIS and ice cream.”
Sheikh Hamza Yusuf, an American Muslim scholar based in Berkeley, Calif., has pleaded with Muslims not to be deceived by the “stupid young boys” of the Islamic State. Millions have watched excerpts from his sermon titled “The Crisis of ISIS,” in which he wept as he asked God not to blame other Muslims “for what these fools amongst us do.”
It is a religious rumble that barely makes headlines in the secular West since it is carried out at mosques and Islamic conferences and over social media.
The Islamic State, however, has taken notice.
The group recently threatened the lives of 11 Muslim imams and scholars in the West, calling them “apostates” who should be killed. The recent issue of the Islamic State’s online propaganda magazine, Dabiq, called them “obligatory targets,” and it said that supporters should use any weapons on hand to “make an example of them.”
The danger is real enough that the F.B.I. has contacted some of those named in the Islamic State’s magazine “to assist them in taking proper steps to ensure their safety,” said Andrew Ames, a spokesman for the F.B.I.’s field office in Washington.
The death threats are a sign that Muslim religious leaders have antagonized the Islamic State, according to analysts who are studying the militant group. Their growing influence also contradicts those who claim that Muslim leaders have been silent in the fight against violent extremism.
“This is what hurts I

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article